16 mai 2013

Le Medef prépare déja l'acte II de ... la flexisécurité !

Le projet ANI a peine validé par le parlement, les candidats à la présidence du Medef envisagent déjà un acte II de ce qu'ils qualifient de « flexisécurité ». La course au toujours plus de précarité pour les salariés continue !



La campagne pour l'élection à la tête du Medef bat son plein. le plus prolixe dans les média, est Geoffroy Roux de Bézieux qui vient de présenter son programme, repris par Le Figaro. On y trouve pêle mèle : « (...) un moratoire de trois mois sur les charges sociales (...) la fixation dans l'entreprise de la durée de travail (...) l'allégement du coût du travail, la baisse de la fiscalité des entreprises, la simplification administrative ou la limitation des délais de procédure (...) »

Sur les retraites et l'indemnisation chômage, pas de quartier puisqu'il propose : « (...) le recul de l'âge de départ à la retraite, l'allongement de la durée de cotisation ou encore la désindexation des pensions (...) » Et en ce qui concerne les chômeurs : « une profonde remise à plat du dispositif d'indemnisation: retour à la dégressivité des allocations, division par trois du plafond, réduction du délai(...)

Au delà de l'outrance de ces propositions destinées à rallier les patrons/électeurs les plus durs, on notera cette petite phrase : « (...) il faut aller plus loin que ce qui a été décidé dans l'accord national interprofessionnel du 11 janvier »

Donc, l'accord ANI que Laurence Parisot qualifiait, il y a quelques jours : « d'événement dans l'histoire économique et sociale de notre pays » et ajoutait que le texte donnera aux entreprises des outils pour une « adaptation rapide et sécurisée aux évolutions de leurs carnets de commande et de la conjoncture tout en renforçant la protection des salariés ». serait déja dans l'esprit de ses possibles successeurs, périmé ?

On est en droit de le penser en lisant le dernier billet publié par Patrick Bernasconi, l'ancien bras droit de Laurence Parisot, et autre candidat à sa succession.

Qu'écrit-il ?

« (...) Premièrement, il faut un acte II de la flexisécurité, après l’accord du 11 janvier. Ce nouvel accord devra traiter notamment de trois sujets :

- le temps de travail, qui doit être fixé dans l’entreprise en faisant disparaître la norme générale des 35 heures ;

- des accords compétitivité emploi offensifs – pour aller à la conquête d’un nouveau marché par exemple – et pas seulement défensifs ;

- et l’instauration du « contrat de projet », nouveau contrat dont la durée sera liée à l’accomplissement d’un projet (sur le modèle du « contrat de chantier » dans le BTP)
.

(...) Le gouvernement a annoncé son intention de donner toute sa place au dialogue social : je demande au Président de la République de s’engager clairement à laisser les partenaires sociaux prendre la main dans ces trois domaines. Nous aurons, alors, une véritable obligation de résultats »

Les moins avertis d'entre nous auront remarqué qu'aucune des propositions émises par MM Roux de Bézieux ou Bernasconi ne fait référence à la « sécurité » des salariés prévu dans l'ANI pourtant signé par le Medef.Et compte tenu des dates hypothétiques d'application des droits rechargeables des chômeurs et de la complémentaire santé pour tous les salariés, il est assez probable que c'est la partie « flexibilité » an I et an II que le nouveau boss du Medef essayera d'imposer le plus rapidement possible aux syndicats et au gouvernement !    

Gesticulations et surenchères de candidats ? Certainement. Néanmoins, ces écrits démontrent, si cela était nécessaire, que la vigilance des salariés ne doit surtout pas se relâcher !

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La Croix

13 mai 2013

43 ans de cotisations : Le cheval de troie de la capitalisation retraite !

Le Medef veut absolument repousser l'âge légal de la retraite à 65 ans et allonger la durée de cotisation à 43 ans. Ce qui, compte tenu de l'âge du premier emploi, reviendrait à condamner les salariés à partir à 70 ans ou cotiser 47 ans !

Même si Laurence Parisot vit ses dernières semaines de présidente du Medef, c'est elle qui représente l'organisation patronale reçue par Jean-Marc Ayrault, dans le cadre de la préparation de la conférence sociale des 20 et 21 juin. 

Conférence au cours de laquelle sera évoqué, entre autre, l'avenir des régimes de retraite.
Egale à elle même, elle a déclaré : « (...) Il convient, dans un objectif de moyen terme, d'allonger la durée de cotisation (...) Notre préconisation est d'allonger la durée de cotisation à 43 ans d'ici 2020 et de repousser l'âge légal de la retraite à au moins 65 ans à l'horizon 2040 (...) »

On aura beau rétorquer à notre « amie » Laurence que : L'âge moyen du premier emploi stable était de 20,5 ans en 1975, de 22,5 ans en 1992 et de 27 ans en 2009. Ce qui signifie, si on applique la demande d'allongement de la durée de cotisation proposé par le Medef, que pour obtenir le droit de partir à la retraite, à taux plein, il serait nécessaire de travailler jusqu'à 70 ans. Quant à ceux qui auraient commencé à travailler à partir de 18 ans, le report de l'âge de départ à la retraite leur ferait cotiser 47 ans pour obtenir le même taux plein ! Le tout, bien entendu dans un contexte où on dénombre 5,033 millions de français au chômage, dont moins d'un inscrit sur deux est indemnisé.

Les propos de madame Parisot sont d'autant plus cyniques que, comme nous le révélait un dossier étude de l'INSEE, en mars 2013 : « Le taux d’activité des personnes de plus de 55 ans est particulièrement faible en France, surtout pour les hommes, dont le taux d’activité est l’un des plus bas de l’Union européenne (...)  » Tout en sachant que ce taux est de 19,8% pour ... les 60-64 ans. Quant aux chômeurs de 56 à 64 ans, il leur est à la limite plus facile de gagner la cagnotte du LOTO que de retrouver un emploi !

En gros, on s'achemine vers des comptes en équilibre et des générations de retraités de plus en plus précaires. Mais que faire pour éviter ce cauchemar ?

Hé bien, très simplement en appliquant aux retraites le même système qu'à la santé. En effet, hormis être éligible à la CMU, qui aujourd'hui en France peut se passer d'une assurance complémentaire de santé privée ? 

En fonction de ses revenus il est donc possible de choisir un contrat haut de gamme ou d'entrée de gamme, ce qui à la sortie donne des résultats très différents pour les patients assurés ! Néanmoins, il faut savoir que si en 2010, les français ont versé 25,4 milliards de cotisation santé, ils ont laissé environ 22% de ces cotisations aux organismes complémentaires d'assurance maladie, nous apprend Que Choisir.  Ce qui, vous l'avouerez représente un joli pactole et surtout une jolie rente !

Or, le prochain pactole/rente que visent le Medef et ses adhérents bancassureurs c'est celui de la retraite !

Soyons logiques un instant : Il est clair qu'un jeune salarié à qui on va expliquer qu'il devra attendre 65 ou 70 ans pour obtenir une retraite à taux plein, dont l'indexation sera remise régulièrement en cause, sera sensible au fait de cotiser à un plan de capitalisation individuel,  qui pourrait lui permettre de pouvoir partir plus tôt, et dans de meilleures conditions. 

C'était d'ailleurs le sens de ce que disait l'ancien assureur Xavier Bertrand, ce matin sur Europe1, en parlant (6' 04) de la mise en place de la capitalisation retraite qui est, comme par hasard, une demande du Medef ! 


Xavier Bertrand : "Les retraités sont les... par Europe1fr


Mais, il n'y a que des avantages, vous expliquerons certains !

Pour ceux qui ont une bonne situation et de bon revenus, certainement. Quant aux autres, c'est à dire la très grande majorité dont le salaire se situe entre 1200 et 1700 €, le montant de l'épargne qu'ils pourront affecter à leur retraire privée sera faible. Et si on ajoute à celà les périodes où ils ne pourront rien épargner pour cause de difficultés familiales ou de chômage, à terme, sur une durée d'environ 45 ans, le résultat risque d'être très peu significatif. 

De plus, à part quelques charlatans, nul n'est capable de prédire ce vaudra l'argent placé durant 20, 30 et à fortiori 45 ans dans un fonds de retraite privé. Les salariés/retraités américains ruinés plus d'une fois pourraient vous en parler savamment ! 

Alors, que faire pour éviter la faillite des systèmes de retraites ?

Peut être lire plus attentivement les propositions d' Henri Sterdyniak, le directeur du Département économie de la mondialisation au sein de l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) qui propose : « (...) une hausse des cotisations pour résorber le déficit des régimes (...) Pour garantir les retraites par répartition et convaincre les jeunes qu'ils auront bien une retraite satisfaisante, le gouvernement et les syndicats doivent annoncer clairement que c'est par la hausse progressive des cotisations que le système sera équilibré » Ce qui est préféré par les français à qu'un allongement de la durée ou le recul de l'âge légal de départ à la retraite.

Oui, mais les organisations patronales ont d'ores et déjà annoncé qu'elles s'opposeraient à toute augmentation des cotisations.

Et dire que la négociation n'a pas encore commencé. C'est dire s'il va falloir être vigilants !

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Avec l'aimable autorisation de Florian Rouliès 

09 mai 2013

Les belles légendes du capitalisme : Pour être compétitifs, travailler plus, gagner et se reposer moins

D'après Michel Pébereau, retrouver la compétitivité en France est simple : Augmenter le temps de travail, sans augmenter les salaires et réduire le nombre de jours de congés. Les actionnaires et dirigeants des entreprises lui en sont déjà reconnaissants !


Ce qu'il y a de formidable dans le capitalisme auto régulé, c'est que lorsqu'il provoque des crises économiques monumentales, il peut compter sur un certain nombre de ses séides pour trouver des solutions qui permettront au système de gagner encore quelques années avant ... la prochaine crise.

Néanmoins, diriez-vous il serait fort de café que des banques ou leurs représentants, dont tout le monde connaît la responsabilité dans la crise née en 2008, viennent nous expliquer ce qui est bon pour relancer la machine économique.

Hé bien vous auriez tort, puisque c'est l'un d'eux, en l'occurrence Michel Pébereau, qui s'y colle dans le Magazine Les Enjeux Les Echos du mois de mai 2013 où il nous parle de compétitivité. 

Mais diront certains, qui est Michel Pébereau ?

Son parcours professionnel est retracé sur le site de EADS.

Outre le fait qu'il est administrateur d'un bon nombre de grandes entreprises telles que : Compagnie de Saint-Gobain - Total - EADS - AXA. Il faut ajouter, entre autres  : Membre du Comité exécutif de l’Institut de l’entreprise et membre du Conseil exécutif du MEDEF.

Sinon Monsieur Pébereau est essentiellement connu pour son passage remarqué dans le monde bancaire, puisqu'il fut : Président du Conseil d'administration de BNP Paribas entre 2003 et 2011. Ce qui lui vaut aujourd'hui, entre autres, d'être :  Président honoraire de BNP Paribas - Président de la fondation BNP Paribas - Membre du Conseil d’administration de BNP Paribas S.A. Suisse et membre du Conseil de surveillance de la Banque marocaine pour le commerce et l’industrie.

Il va s'en dire que Monsieur Pébereau ne peut ignorer que BNP Paribas possédait, en juillet dernier, 360 filiales dans les paradis fiscaux . Ce qui en fait sans nul doute un champion de la compétitivité et de ... l'optimisation fiscale.

Mais ce n'est pas de cela que le Président honoraire de BNP Paribas a souhaité parler dans sa tribune. Extrait de la page 36 :

« (...) Le crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi doit en effet réduire de 20 milliards d'€ le coût du travail. Mais dans les activités où celui-ci resterait encore trop élevé par rapport à nos voisins, ne pourrait-on pas travailler plus longtemps au même salaire, afin de préserver l'emploi et l'investissement ? Par exemple en réduisant le nombre de jours de congés ou en augmentant celui des heures travaillées (...) »

En voilà une idée qu'elle est bonne ! Surtout lorsqu'on sait que cette logique est sans fin. En effet, au jeu de la compétitivité entre pays européens, il se trouvera toujours des endroits où on baissera les salaires, ce qui aura pour effet de faire baisser la compétitivité des autres qui du coup appliqueront le remède du docteur Pébereau.

La seule limite dans l'immédiat étant fixée par une directive européenne qui définit un temps de travail hebdomadaire ne pouvant pas dépasser 48 heures (en moyenne, heures supplémentaires incluses). Néanmoins, sachez que, nous dit Eurogersinformation  : « (...) les travailleurs peuvent, par un accord individuel avec leur employeur, renoncer à la limite des 48 heures (...) dans ce cas, la durée maximale d'heures de travail ne peut dépasser 65 heures (...) »

Si la majorité d'entre nous trouvera particulièrement choquantes les propositions de M. Pébereau, sachez que celui-ci a pourtant de forts arguments à faire valoir : « (...)  Il n'en coûterait rien aux finances publiques et celà n'affecterait pas le pouvoir d'achat des intéressés (...)»

D'autant aurait pu ajouter M.Pébereau que la profusion de produits low cost fabriqués dans des pays où les salaires sont encore plus bas pourront satisfaire l'appétit de consommation des salariés qui travailleront plus ... pour le même prix.

C'est certainement par manque de place que M.Pébereau n'a pu nous indiquer combien de temps durerait cet alignement de compétitivité, ni si un retour aux conditions antérieures serait possible en cas où les entreprises françaises seraient profitables. C'est rageant non ?

D'autant plus que ce manque de place nous a privé de son point de vue sur les efforts que comptent faire les actionnaires et les dirigeants des entreprises.  Allez, soyons optimistes, nous sommes certains que M. Pébereau aura à coeur d'aborder ces points ... dans sa prochaine tribune.


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26 avril 2013

Le concours Lépine de l'emploi du Medef et de l'UMP a commencé !

Alors que le nombre de chômeurs progresse impitoyablement, le Medef et l'UMP se lancent dans un véritable concours Lépine des solutions anti-chômage. Leurs réponses : Flexibilité et insécurité totales, le tout sur fond de chômeurs fainéants et irresponsables qu'il faut stigmatiser !


Créer de l'emploi, voilà donc la nouvelle croisade du Medef et de l'UMP ! Si du côté du Medef, Laurence Parisot, la Présidente sortante, on essaye mollement de persuader le bon peuple que l'ANI suffira à stopper l'hémorragie, à l'UMP, on ressort les vieilles recettes libérales qu'on n'a toutefois pas appliqué entre 2007 et 2012 !

Que dit le Medef ?

Laurence Parisot, à qui il ne reste que deux mois de mandat, et qui partage son temps entre l'expédition des affaires courantes et le surf à St Barth, essaye surtout de valoriser le texte ANI voulu et négociée par elle : « (...) ces mauvaises chiffres ne sont pas une fatalité : Je crois profondément qu'il est à la portée de la France de redevenir prospère, d'inverser cette terrible tendance, de réduire les déficits (...) l'accord permettra aux entreprises d'adapter (leur) organisation à la conjoncture (...) C'est un accord qui va fondamentalement réduire la peur de l'embauche qui existe aujourd'hui chez les chefs d'entreprise (...) »

Elle en profite, au passage pour brandir des chiffres invérifiables, en provenance du nouvel outil du Medef, dont Slovar vous parlait le 16 avril dernier : Le baromètre Tendance emploi compétence (TEC), qui montre que :  « (...) Au dernière trimestre 2012, 100.000 offres d'emploi proposées par les entreprises n'ont pas été pourvus (...) » 

Plus sérieusement, c'est aux déclarations des deux candidats les mieux placés à sa succession qu'il faut s'intéresser.

Du côté de Pierre Gattaz, on peut lire ceci : « (...) tous les chefs d’entreprises de France ont six problèmes majeurs : le coût du travail, la peur de l’embauche, le financement du développement de leur entreprise, la fiscalité et l’environnement réglementaire, la transmission. Sur tous ces sujets, nous devons aller plus loin. Si nous les réglons, nous serons les rois du monde ! (...) »

Dans son programme, on trouve pêle-mêle, des idées que n'aurait pas renié son père, Yvon Gattaz, ex président du CNPF, (l'ancêtre du Medef), lui qui assurait dans les années 80, que : « si on facilitait les licenciements, il y aurait un pic d’embauche de 400 000 emplois » 

On trouve également dans ses proches conseils Denis Kessler, dont le premier but dans la vie est, la destruction du programme du Conseil National de la Résistance

Quelques extraits du programme de Gattaz fils: 

« Il faut que nos concitoyens comprennent que les entrepreneurs installés en France sont des héros
L’accord (ANI) de janvier dernier est un premier pas, mais il nous faut aller largement au-delà.
Il faut transférer 50 milliards (de cotisations) vers l'impôt
Le fléau du chômage, qui affecte la société française, s’analyse d’abord comme un symptôme,le fruit d’une maladie provoquée par un terrible système d’entraves administratives et fiscales
»

Auquel il faut ajouter bien entendu le report de l'âge légal de la retraite à 65 ans, tout comme Roux de Bézieux son concurrent.

Le même de Bézieux dont les propositions raviront les salariés. En effet, il pointe : « (...) les Prud'hommes, juridiction lente et inégalitaire (...) » Remet en cause : « (...) les contrats de travail, qui sont parfois un frein à l'embauche (...) » et surtout insiste sur le fait que : « (...) La première négociation test du président élu sera la renégociation de l'assurance-chômage (...) il faudra revoir le plafonnement des indemnités et mettre en oeuvre leur dégressivité (...) »

Face à ce festival de recettes, l'UMP n'a pas voulu être en reste. Première remarque : Pourquoi l'UMP qui a disposé de 5 ans pendant lesquels elle avait une confortable majorité n'a t-elle pas mis en place les mesures qu'elle préconise aujourd'hui ?

Directement issues des réflexions des libéraux de l'UMP (Chatel, Longuet et Novelli) les propositions du Mouvement Populaire ne sont qu'un catalogue des pires solutions face à la situation actuelle de l'emploi. Néanmoins, elles sont une parfaite compilations des demandes les plus folles réclamées depuis la nuit des temps par les organisations patronales. Elles portent le « joli » nom de :  Libérer le travail !

Hervé Mariton délégué général chargé du projet de l'UMP, nous explique : . « (...) Nous refusons la fatalité du chômage et croyons que la France peut revenir au plein emploi(...) On a besoin pour cela d'une politique économique plus dynamique qui inspire davantage confiance, mais aussi de corriger vigoureusement certaines règles du travail qui, aujourd'hui, empêchent le développement de l'emploi et aggravent la situation du chômage (...) défendant une logique d'assouplissement du marché du travail (...) »

On trouve dans le catalogue :

Suppression des 35 heures,
contrat de travail unique,
réforme de l'indemnisation du chômage


Amis du copié/collé patronal bonjour ! Sachez toutefois que l'ensemble de ces mesures devrait selon ses auteurs nous ramener au plein emploi !

On notera au passage que pour l'UMP, Pôle Emploi qui était, pourtant pour eux, l'une des plus brillantes réussite de Nicolas Sarkozy disparaitrait et se verrait remplacé par une : Agence pour le travail qui regrouperait Pôle emploi, des missions locales de Cap emploi et de l'Apec, des services d'orientation et de formation professionnelle. Et selon l'UMP : « cette agence aura pour mission d'accompagner du mieux possible les salariés, quand ils ont un emploi et quand ils n'en ont pas (...) » Avec quels moyens financiers diront certains esprits chagrins ?

Hé bien l'UMP va une fois de plus vous étonner ! En effet écrit L'Express : « (...) l'UMP propose de renforcer les moyens humains d'intervention et de suivi de cette agence en les finançant par ... une plus grande dégressivité de l'indemnisation chômage des demandeurs d'emploi» 

En résumé : la flexibilité la plus totale en toute insécurité ! Quand aux chômeurs de longue durée, ou non indemnisés, ou seniors dont personne ne veut ? Là dessus, Medef et UMP ne sont pas très loquaces ...

Et dire que le concours Lépine de l'emploi du Medef et de l'UMP ne fait que commencer ....

16 avril 2013

Medef : Durcissement des conditions d'indemnisation chômage en vue !

De façon tout à fait opportune, le Medef vient de lancer un nouveau baromètre : Tendance emploi compétence (TEC),  destiné à montrer que les chômeurs refusent des emplois, pourtant vacants. Baromètre qui pourrait surtout servir à l'organisation patronale pour durcir les conditions d'indemnisation chômage.



De tous temps, il y a eu des métiers ou des entreprises rencontrant des problèmes pour recruter du personnel. Les raisons sont connues de tous : trop exigeantes, salaires trop bas, conditions de travail difficiles, attitude des employeurs. Nous avons, tous en mémoire, des entreprises, petites ou grosses où le turn over est le seul moyen de gestion des ressources humaines. Et dont, les dirigeants, sans jamais se remettre en question, se lamentent de ne pas trouver de candidats.

Ce « vivier d'emploi » est traditionnellement vanté par des ministres, à la peine pour justifier les chiffres mensuels du chômage, tel Laurent Wauquiez qui, en 2010 avait décidé d'assurer la promotion auprès des chômeurs des entreprises de vente à domicile : Amway, fenêtres K par K, sous-vêtements Charlott, Tupperware (...) et quantité d'entreprises de "bien être" comme le très controversé Herbalife. Qui comme chacun le sait, permettent au mieux, de toucher quelques centaines d'euros, avant ... d'abandonner ! (Voir Slovar 5/10/2010) Mais qui, selon notre ministre, devait pouvoir créer 100.000 emplois en 3 ans !

Néanmoins, le discours reste toujours le même : Les chômeurs ne font pas assez d'efforts pour trouver et lorsqu'ils trouvent, ils n'ont pas la formation recherchée par l'entreprise !

C'est ce qu'a expliqué ce mardi, Laurence Parisot, la toujours présidente du Medef, en présentant à la presse, son dernier outil pour lutter contre le chômage. Il porte le joli nom de Tendance emploi compétence (TEC). Selon elle, il s'agit d'un : « outil d'intérêt général » d'une « puissance considérable » qu'« aucune organisation publique n'a fait ces dernières années (...) » nous révèle L'Express

Qu'est ce qui se cache derrière cet outil, d'une puissance considérable, qui serait en quelque sorte un bienfaiteur des chômeurs et des entreprises avides d'embaucher ?

Il s'agit tout simplement d'un baromètre propriétaire basé sur : « (...) 4% des entreprises sondées par le Medef qui auraient abandonné leur recrutement faute de candidat au dernier trimestre 2012 (...) » plus précisemment écrit 20Minutes : « (...) le Medef s’appuie sur 24.350 entreprises avant d’extrapoler ce panel à l’intégralité du secteur privé, pour obtenir ses résultats, soit 1.200.635 établissements en France (...) » C'est dire la fiabilité de l'outil ....

Bien entendu, ce sont exclusivement les chômeurs qui sont la cause de des postes vacants. Ce qui a amusé l'Express : « (...) L'enquête passe, en revanche, sous silence les raisons qui tiennent au comportement des employeurs eux-mêmes qui peinent à trouver la perle rare. Car pour être tout à fait exhaustif, ce baromètre devrait également mentionner le manque d'anticipation, la volonté que le nouvel embauché soit opérationnel " dès demain " ou encore la recherche du clone de l'ancien salarié... Soit autant de critères chers aux recruteurs. De même, la qualité des offres proposées (horaires atypiques, salaires planchers, contrats très partiels...) est un paramètre que les demandeurs d'emploi prennent en compte avant de se positionner (...) »

On retrouve en tête de ce palmarès : « (...) les postes d’employé et d’agent de maîtrise de l’hôtellerie et de la restauration (11.611 postes) (...) » On pourra s'interroger sur le fait que les milliers d'élèves passés par un CAP, un BEP ou un BTS ne parviennent pas à combler le déficit qu'affichent les professionnels de l'hôtellerie et de la restauration. Il faut dire, que l'idée de l'Union des métiers de l'industrie hôtelière (UMIH), qui consistait à mettre en place une part variable dans la rémunération des garçons de café et des serveurs, basée sur les pourboires n'est pas la meilleure des façons pour créer des vocations.

Face à ça, Laurence Parisot propose : « (...) une analyse très fine des "postes non pourvus", éclairant pour chaque métier les raisons des difficultés (savoir-faire, savoir-être, etc.), les "solutions" mises en place par les entreprises pour y pallier (formation, recours à contrat court, réévaluation des salaires, etc.) Le Medef annonce d’ores et déjà 565.520 recrutements pour le premier trimestre 2013, et publiera une seconde vague de son observatoire pour constater à nouveau combien de postes seront restés ou non pourvus »

Au delà d'un baromètre à la fiabilité aléatoire et de chiffres balancés à la volée, on aura soin de prendre connaissance de quelques lignes trouvées dans l'article de l'Express qui expliquent clairement la fin de la citation de Laurence Parisot : « (...) L'enquête Tec doit être réactualisée régulièrement par le Medef. Son rythme, trimestriel ou semestriel, n'est pas encore arrêté. En attendant, Laurence Parisot espère que cet outil sera utilisé à la fois dans le cadre de la conférence sociale de juin mais aussi lors de la négociation sur l'assurance-chômage, qui débutera en septembre 2013 (...) »

En résumé, une autre façon de réaliser ce que Nicolas Sarkozy proposait le 11 février 2012 au travers de son référendum/réforme durcissant les conditions d'indemnisation du chômage

Hé oui, que voulez-vous, les Présidents passent mais le Medef reste ... égal à lui même ...



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RMC

08 avril 2013

Europe : 26 millions d'Européens étaient au chômage en février 2013 !

Combien de chômeurs devra compter l'Europe avant qu'on ne prenne vraiment la mesure du drame qui se met tout doucement en place ? Car depuis 2008, leur nombre a augmenté de 10 millions !



« Il faudrait créer 6 millions d'emplois en Europe pour revenir au niveau d'emploi d'avant la crise, soit à celui du dernier trimestre de 2008 » écrit Le Parisien, citant une étude de l'Organisation internationale du travail (OIT). Le chiffre fait froid dans le dos, surtout quand on apprend que : 26 millions d'Européens étaient au chômage en février 2013, 10 millions de plus qu'en 2008.

Ces chiffres n'ont pourtant pas l'air de préoccuper outre mesure la Commission européenne qui se félicite, tout en menaçant, des nouvelles mesures d'austérité décidées par le gouvernement portugais, dont certaines avaient pourtant été retoquées par sa propre Cour constitutionnelle. D'ailleurs, la Commission européenne a été claire : «Tout écart des objectifs du plan d’aide ou leur renégociation neutraliserait les efforts déjà accomplis par les citoyens portugais ou prolongerait leurs difficultés». Ce qui va certainement réjouir les 17,6% de chômeurs locaux, et tout particulièrement aux 38,2% de jeunes de moins de 25 ans !

Ce à quoi, on pourra ajouter les fortes hausses du chômage en : Grèce (de 21,4% à 26,4% entre décembre 2011 et décembre 2012), Chypre (de 10,2% à 14,0%), Espagne (de 23,9% à 26,3%). Et si Eurostat se réjouit des « baisses les plus marquées » il n'y a pas lieu de faire la fête, lorsqu'on sait que la Lettonie est passée de 15,6% à 14,3% ou que l'Irlande de son côté après avoir connu 15,1% se situe à 14,2% !

De plus, en ce qui concerne les jeunes de moins de 25 ans, le même Eurosat indique que : « (...) En février 2013, 5,694 millions de jeunes de moins de 25 ans étaient au chômage dans l'UE27, dont 3,581 millions dans la zone euro (...) le taux de chômage des jeunes s'est élevé à 23,5% dans l’UE27 et à 23,9% dans la zone euro, contre respectivement 22,5% et 22,3% en février 2012. Les taux les plus bas en février 2013 ont été observés en Allemagne (7,7%), en Autriche (8,9%) et aux Pays-Bas (10,4%), et les plus élevés en Grèce (58,4% ), en Espagne (55,7%), au Portugal (38,2%) et en Italie (37,8%) »

La compétitivité ! vous diront les cassandres qui, il y a quelques années, nous expliquaient que le départ des unités de production vers l'Asie étaient inéluctable et que, le développement des services dans la vielle Europe rééquilibreraient harmonieusement le tout ! Cassandres qui vous expliquent maintenant qu'il est nécessaire de baisser les salaires et les coûts du travail afin de pouvoir exporter vers les pays émergents susceptibles d'acheter à tout va !

Il va de soi que cette nouvelle « fulgurance » est un leurre, dans la mesure où, les pays émergents qui continuent à exporter la majorité des produits vers la vielle Europe, en profitent pour exiger, à l'instar de la Chine, de l'Inde ou du Brésil, pour ne citer qu'eux, des transferts technologiques qui leur permettront de servir leurs marchés intérieurs. Et aussi, de vendre à la vielle europe et au reste du monde des produits de haute technologie dont le développement ... ne leur aura rien coûté ! 

Et comme il faudra un nombre incalculable d'années avant que les salaires et les conditions sociales des salariés des pays émergent atteignent ne serais ce que la moitié des nôtres, pour le FMI, la BCE, l'OCDE et la Commission européenne, mieux vaut aligner par le bas les salaires et conditions sociales en Europe. Sans pour cela sortir les 26 millions de chômeurs actuels de leur situation puisque, la cure d'austérité est prônée par les mêmes !

Ce qui est l'avis de l’Organisation internationale du Travail (OIT) : « Si les objectifs d’équilibre budgétaire et de compétitivité sont importants, il est crucial de ne pas s’y attaquer par des mesures d’austérité et des réformes structurelles qui ne traitent pas les causes profondes de la crise »

Ce à quoi, les candidats à la succession de Laurence Parisot au Medef répondent

Frédéric Saint-Geours : « Je propose d'agir pour mettre en place de nouveaux équilibres indissociables dans quatre domaines. Celui de la sphère publique, en réduisant de 100 milliards d'euros les dépenses, pour restaurer l'équilibre budgétaire et alléger le poids des cotisations sociales (...) » Le Figaro

Roux de Bézieux : « L’allongement de l’espérance de vie implique d’augmenter la durée d’activité. C’est non négociable ! » appelant de plus à « plus de flexibilité »

Patrick Bernasconi : « ll va falloir reculer l'âge de départ en retraite et s'aligner sur les standards européens. Il va probablement falloir réintroduire de la dégressivité dans les allocations chômage. Il va falloir laisser les entreprises déterminer elles-mêmes leur durée du travail » Le Figaro

Pierre Gattaz : « le chômage est le problème numéro un en France » et « l’on risque si on ne fait rien d’arriver à 12%, 13%, 14% avec des banlieues qui vont exploser ». Les patrons ont « peur d’embaucher », a-t-il souligné en appelant à « la flexibilité de l’emploi » et en fustigeant les « postures dogmatiques politiques pour dire on va garder telle usine, on va garder les emplois »

En  résumé : Encore plus de chômeurs âgés, et surtout, de précaires, dans la mesure où la flexibilité réclamée équivaut à partager le chômage entre tous et que, la baisse programmée des indemnités de chômage ne fera que plonger les gens dans la misère, un peu plus tôt. Donc, aucun effet sur l'emploi

Néanmoins, nos preux défenseurs de l'entreprise et des entrepreneurs évitent certains sujets qui, c'est vrai, pourraient fâcher : la compétition à la flexibilité entre salariés européens ! En effet, les expériences comme celle de Renault en Espagne montrent bien comment il sera facile de mettre la pression sur les salariés pour obtenir toujours plus de sacrifices. Ce qui améliorera sans nul doute les marges et les revenus des actionnaires mais n'aura aucun effet sur l'emploi !

De plus, pas un mot sur l'attractivité de nos produits qui certes pourraient être moins chers en cas de baisse des cotisations, sans pour autant être plébiscités par les consommateurs. A moins bien entendu d'investir dans la R&D dans notre pays, et pas en la délocalisant, comme c'est devenu la mode ces dernières années. 

La réalité, c'est que plus on baissera le niveau de protection et les salaires et moins il y aura de clients pour acheter les produits. Et, comme nous l'expliquions plus haut, les pays émergents achèteront les produits construits et assemblés chez eux, même une suppression totale des cotisations sociales et un droit du travail réduit à sa plus simple expression ne changerait rien, l'emploi ne reviendra jamais et les prétendants à la présidence du Medef le savent pertinemment !

Une situation qui, à terme, fera exploser pas seulement les banlieues citées par Pierre Gattaz. Car écrit l'OIT : « Le chômage de longue durée devient un problème structurel pour beaucoup de pays européens. Dans 19 d’entre eux, plus de 40 pour cent des demandeurs d’emploi sont maintenant des chômeurs de longue durée, ce qui veut dire qu’ils sont sans travail depuis douze mois ou plus (...) La situation de l’emploi qui se dégrade signifie également que le risque de troubles sociaux est maintenant supérieur de 12 points de pourcentage à ce qu’il était avant le déclenchement de la crise (...) »

C'est quand même dommage que ces gens ne veillent pas comprendre qu'ils doivent payer une crise dont ils ne sont pas responsables .....


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29 mars 2013

Représentativité des partenaires sociaux : Et maintenant au tour du patronat !

Les chiffres de la représentativité des syndicats de salariés ont été publiés aujourd'hui. Ils seront 5 a pouvoir signer des accords avec des organisations patronales dont nul ne connaît le niveau de représentativité !


Malgré le putsch raté de Laurence Parisot et des ses soutiens, il ne serait pas étonnant que le champagne soit de rigueur aujourd'hui au Medef. En effet, la CFTC qui, elle même n'y croyait guère, ainsi que la CGC continueront de figurer dans la liste des syndicats de salariés représentatifs. Ce qui permet de sauver l'accord ANI qui aurait eu du plomb dans l'aile au cas ou l'un des deux syndicats aurait été jugé non représentatif. 

Le Monde, entre autre, indique les résultats suivants : « (...) La CFDT (26 %), la CFTC (9,30 %) et la CGC (9,43 %) représentent la majorité des salariés du privé, à l'issue des élections professionnelles. La CGT reste le premier syndicat français, avec 26,77 % des voix. Avec FO (15,94 %), ces cinq syndicats sont qualifiés comme organisations représentatives pour les quatre prochaines années (...) » N'ont pas atteint le score minimum de 8% : UNSA (4,26 %) et Solidaires (3,47 %) 

Ce résultat a été immédiatement salué par Laurence Parisot : « (...) qui remarque sur Twitter que l'accord du 11 janvier est majoritaire (...) » donc, dans la mesure où pour être valide, un accord doit être signé par un ou plusieurs syndicats totalisant 30 % des voix, sans être rejeté par 50 %, que la route est grande ouverte pour l'application de l'accord ANI, voir d'autres, plus ciblés ...

Pratiquement, qu'est ce que ça signifie ?

Que la microscopique CFTC et la catégorielle CGC seront décisives dans les futures négociations sur la formation professionnelle, les retraites et les nouvelles règles pour l'assurance chômage d'ici début 2014.

Et surtout qu'elle le seront lors des négociations dans les entreprises, entre salariés et employeurs pour l'application des accords de flexibilité. Et si vous voulez avoir une idée de leurs futures positions, nous vous signalons ce morceau de bravoure, publié sur le site de la CFDT : « (...) En poids relatif (ramené aux seules organisations ayant franchi le seuil des 8%), seule la CGT (30,62%) se retrouverait en capacité de signer seule des accords au niveau national interprofessionnel. Mais il est à noter que l'addition des poids relatifs de la CFDT, de la CFE-CGC et de la CFTC représente 51,15% (...) » En clair les deux petits syndicats ne seront que des wagonnets du train CFDT !

Au delà de constat, une remarque s'impose. Si le législateur a voulu déterminer la représentativité des syndicats de salariés, qu'en est-il de celle de leurs interlocuteurs, à savoir les organisations patronales ?

 Hé bien, braves gens, sachez que nul n'est en mesure de la dire !

Et pourtant, indique Le Figaro évoquant le bilan de la patronne du Medef : « (...) Elle s'est également heurtée à la CGPME (petites entreprises) et à l'UPA (artisanat) sur le sujet de la représentativité patronale (...) L'organisation de l'avenue Bosquet reste encore la voix du CAC 40 »

Et quid de l'Unapl (professions libérales), de la FNSEA et de l'Usgeres (économie solidaire - 11% des salariés français) ? organisations patronales, « non invitées à signer des accords interprofessionnels » comme nous l'explique Michel Abhervé

Ce à quoi il faut ajouter que le Medef se fait de plus en plus déborder par nombre de think tank patronaux, ainsi que nous l'explique l'Usine Nouvelle : « (...)  l’Association française des entreprises privées (Afep) s’est décidée à exister médiatiquement (...) . L’Afep a également compris que le travail d’influence se fait à Paris, bien sûr, mais aussi à Bruxelles. Cette petite association, dotée d’un budget de 5 millions d’euros, a installé près du quart de ses collaborateurs dans la capitale européenne (...) »

Quant aux autres organisations habilitées à négocier avec les syndicats et le gouvernement, nous indiquions en novembre 2011, ce commentaire de la très libérale Fondation Concorde :  « (...) Medef, CGPME et UPA ne sont pas aussi représentatifs qu’il y paraît. Pour preuve, le taux moyen d’adhésion ne dépasse pas 8 %. La participation aux élections consulaires plafonne à 17 %  (...) la représentation patronale actuelle résulte d’un empilement de niveaux de représentation et d’une juxtaposition de métiers et de branches, héritage des réformes de l’après-guerre (...) »

Oui, mais, diront certains, les organisations patronales contrairement aux syndicats de salariés sont autonomes financièrement !

Que dire,  en ce cas, de l'attitude de deux des plus importantes organisations patronales toujours si promptes à fustiger l'utilisation de l'argent public, mais qui savent en faire bon usage, lorsqu'il s'agit de faire fonctionner leurs machines : Le plus gros des ressources de la CGPME provient du financement du paritarisme par les fonds de la formation professionnelle (Agefos et Fongefor) et du 1 % logement comme l'expliquaient Les Echos dans l'article : « A la CGPME, les cotisations des adhérents ne financent que 17 % du budget » on pourra lire aussi, sur le même sujet  : « Le scandale de la formation professionnelle : la collecte des fonds est détournée par les partenaires sociaux » publié par Capital

Représentativité vous avez dit ?

En juillet 2012, Laurence Parisot acceptait le principe d'une discussion sur la représentativité patronale. Toutefois, écrivait La Tribune : « (...) rien n’indique que les parties s’accordent. Si la CGPME réclame toujours que la représentativité repose désormais sur des élections, et non plus sur le nombre d'entreprises adhérentes, le Medef est pour l’instant inflexible. La bataille ne fait que commencer (...) »

Sincèrement, vous ne pensez pas que ça mériterait que le législateur se penche, comme il l'a fait pour les syndicats de salariés, sur la réelle représentativité de ceux qui prétendent négocier au nom de toutes les entreprises et tous les entrepreneurs ?


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21 mars 2013

21 mesures pour la compétitivité : L'UMP ressort ses archives de 2011 et 2012

L'UMP vient de publier un document sur lequel figurent 21 propositions destinées à relancer la compétitivité de la France. Au programme, que des nouveautés de ... 2011 et 2012


A l'UMP, on est toujours en mai 2012, d'ailleurs, il n'y a qu'à regarder leur site dans la rubrique "Les idées" où on peut voir que "Nos idées pour demain" portent encore les illustrations de la campagne de 2012.


C'est probablement pourquoi le "Mouvement Populaire" propose 21 propositions pour la compétitivité qui ressemblent à s'y méprendre, entre autre, aux propositions de Nicolas Sarkozy pour la présidentielle. C'est le site des Echos qui nous les présentent

Tout d'abord, alors que l'UMP tire à boulets rouge sur la politique actuelle de réduction des déficits engagée par le gouvernement, lui reprochant de plonger le pays dans l'austérité, elle propose de : (...) revenir à un taux de dépenses publiques de 50 % du PIB en cinq ans. Soit un effort considérable de 130 milliards d'euros : 10 % de la dépense publique (...)

Ce à quoi l'UMP ajoute qu'il est impératif de procéder à un désendettement de la France, oubliant au passage qu"elle a très largement contribué à ce que la dette pèse plus de 90% du PIB.

Comment fait-on ?

Taper sur les fonctionnaires, ce qu'elle fait depuis toujours

Passage à 39 heures du temps de travail des fonctionnaires
Non-remplacement de deux fonctionnaires sur trois partant à la retraite

Ce qui se traduira très probablement par : Travailler plus et gagner la même chose. Ce qui est amusant, lorsqu'on sait que l'UMP n'a de cesse de reprocher à l'actuel gouvernement de faire baisser le pouvoir d'achat des salariés. Mais dans la mesure où à droite on a toujours cultivé une haine viscérale du fonctionnaire ...

Et en ce qui concerne la compétitivité des entreprises direz-vous ?

L'UMP n'ayant qu'un seul référent : le Medef, au point de faire des copiés/collés de ses demandes, nul ne s'étonnera par conséquent de retrouver dans ses nouvelles propositions, le retour de la TVA sociale destinée à transférer certaines cotisations sociales des entreprises vers les consommateurs : « (...) Baisse de 10 % des charges sociales sur les salaires en supprimant les cotisations sociales « famille » ce qui : (...) représenterait une « bouffée d'oxygène de 33 milliards pour l'emploi et l'innovation » Le tout étant compensé théoriquement par une hausse de 3 points du taux supérieur de TVA.

Ce à quoi, il faut ajouter : « (...) 13 milliards de baisse des charges que permettait la TVA anti-délocalisations votée en fin de mandat de Nicolas Sarkozy, ainsi qu'une baisse de 10 milliards des taxes pesant sur la masse salariale et le chiffre d'affaires des entreprises ». Concernant les 10 milliards, on notera au passage que l'UMP indique que : « Ces sommes seront au besoin compensées par des dotations budgétaires gagées par des baisses de dépenses » en gros, on ne sait pas où, mais on verra plus tard ...

Coût de l'ardoise ? Plus de 40 milliards

Somme qui est à rapprocher d'une demande faite par le Medef en novembre 2011, dont Slovar vous avait parlé !

A cette date, le Medef présentait trois scénarios de transfert de certaines cotisations sociales vers l'impôt. Ses propositions allaient de 30 milliards en hypothèse basse à 70 milliards dans la plus haute. Que disait Laurence Parisot de l'utilisation de ces montants que l'UMP souhaite dédier à l'emploi et l'innovation ? :  « (...) l'entreprise pourra profiter des baisses de cotisations pour baisser son prix hors taxes, investir, augmenter les salaires... ou conserver sa marge. Pas question, a d'ailleurs prévenu le patronat, de négocier des engagements. « Il faut laisser la liberté d'utiliser les marges de manoeuvre »

Donc fin programmée d'une belle légende en cas où l'UMP revenu au pouvoir mettait en place de tels cadeaux aux entreprises !

La seule vraie nouveauté de ces propositions, repose sur un constat : Dans la mesure où l'UMP n'envisage pas une seconde de contraindre les banques de faire leur métier, en prenant le risque de financer sérieusement l'économie réelle alors, que de nombreuses entreprises ont un besoin criant de trésorerie, une idée de génie est sortie de la tête d'Hervé Mariton : Mettre la main sur l'épargne des français !

De quelle façon ?

« ( ...) Hervé Mariton veut rendre l'épargne plus « productive ». En abaissant les plafonds des livrets réglementés (hors LEP) et en allongeant, de huit à douze ans, la durée nécessaire pour être exonéré d'impôt sur l'assurance-vie (...) »



En clair, puisque les français ont, à juste titre, fuit la bourse, on va les y faire revenir et, orienter leur épargne dans des placements à risque. Placements que les banques, dont le comportement spéculatif à l'origine de la crise économique actuelle, a été notoirement constatée, se feront un plaisir de leur proposer.

ça n'a strictement aucune chance de relancer la compétitivité mais, le tout couplé au gel ou baisse des salaires, suppression de RTT, ... pour les salariés, prévus par l'ANI, permettra aux actionnaires de se cotiser pour envoyer quelques caisses de champagne à l'UMP au cas où elle reviendrait aux affaires ...

Source copies d'écran
Les Echos
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Le Dauphiné

13 mars 2013

Le droit du travail, ennemi public n°1 des ultra libéraux de tous poils !

Selon un économiste « libertarien » : le concept de  contrat de travail en France ne : « s’est jamais libéré d’une relation ambiguë avec celle de l’esclavage ». Une théorie bien fumeuse destinée à nous vendre ... la fin du droit du travail, au profit de la liberté de ... la jungle !

Vous avez sans doute entendu à de nombreuses reprises des responsables politiques ou patronaux remettre en cause de façon virulente le modèle économique et social français sans forcément vous demander d'où pouvaient venir leurs arguments.

Prenons un exemple qui fait fureur à l'UMP : Le big bang social défendu par Hervé Novelli et récemment repris par Jean-François Copé. Il consisterait en une réforme globale des contrats de travail et de certains pans du Code du travail, tout en supprimant toute référence légale de la durée du travail.

Et d'où vient cette idée de big bang appliquée à l'économie et au social ? Eh bien, en partie des idées professées par des libertariens économiques (ultra libéraux) qui ont, au travers de quelques think tanks, pignon sur rue auprès de pas mal d'élus de droite et de patrons.

Mais au fait, c'est quoi la doctrine libertarienne ?

D'inspiration américaine, elle s'est fait entendre lors de la présidentielle aux USA où Ron Paul s'était fait son apôtre. Quelques définitions :

André Teissier du Cros Président du Comité Bastille : « (...) Pour un libertarien pur et dur (... ) la seule bonne pression fiscale est de zéro pour cent. Le seul bon Etat est un état inexistant. La société est gérée uniquement par des contrats et par des lois minimales, fondées sur les droits de l’individu et sur la totale liberté d’entreprendre, et aussi figées que les Dix Commandements de Moïse. Dans cette société idéale, les fonctions de l’Etat sont devenues inutiles, ou sont déléguées à des firmes privées »


Wikilibéral : « Les libertariens sont des libéraux radicaux, opposés à l'État dans sa forme contemporaine. Pour eux, les pouvoirs de l'État devraient être extrêmement restreints (minarchisme), ou même supprimés (anarcho-capitalisme) Contrairement à l'idée libertaire, les libertariens ne sont pas pour une société gérée en commun, mais pour une société où les interactions entre les individus découlent de contrats librement consentis, conformément au Droit naturel et à l'axiome de non-agression. (...) »

En clair, si vous n'aviez pas compris : Détestation de l'état, donc, mort aux services publics, puisque le marché a toutes les vertus et, son auto régulation fonctionne à merveille. Et mort à tout ce qui peut ressembler à un assisté puisque : « les libertariens défendent le droit qu’ont ceux qui produisent de garder ce qu’ils gagnent, contre une nouvelle catégorie de politiciens et bureaucrates qui veulent s’emparer de leurs gains pour les redistribuer à ceux qui ne l’ont pas produite »

Si les libertariens ont comme principal ennemi l'état, ils ont aussi, en France, une bête noire : Le droit du travail, qui serait une bête nuisible, empêchant la création ou le développement d'entreprises et, surtout, entretiendrait le chômage de masse.

Prenons pour exemple Philippe Simonnot. Il est vrai qu'à moins de faire partie du petit monde des ultra libéraux addicts, vous ignorez son nom et son oeuvre. Et pourtant, il a fait une conférence à l'Assemblée Nationale le 21 février dernier où il présentait son opuscule : « Chômeurs ou esclaves ? Le dilemme français »



Tout d'abord, sachez que, selon monsieur Simonnot : de l'extrême gauche à l'extrême droite en passant par Charles de Gaulle et même Edouard Balladur, la totalité du monde politique français est anti capitaliste, ce qui les disqualifie à ses yeux.

Mais revenons en à son livre. Que dit-il ?

 Il explique que : « le concept de « contrat de travail » en France ne s’est jamais libéré d’une relation ambiguë avec celle de l’esclavage, ce qui a sans doute en partie légitimé que le marché du travail en France soit hyper-réglementé » Et l'auteur de nous expliquer que : (...)  le contrat de travail n’a pas su, à ce jour, se libérer d’une fiction juridique dans laquelle il s’est enfermé lors de la rédaction du code civil en 1804. La crainte à l’époque était de faire renaître la notion d’esclavage en même temps qu’on donnait au salariat ses lettres de noblesse (...) »

Au delà du concept un peu fumeux, on aura soin de lire les critiques dithyrambiques, publiées notamment par l'Institut Molinari ou le site ContrePoint, tous deux fervents défenseurs du libéralisme sans entraves, qui en ont publié les bon morceaux et qu'ils vous livrent ... avec délectation . Extraits 

Cécile Philippe directrice générale de l'Institut Molinari : « (...) La répugnance des Français a l’égard du travail a conduit à l’empêcher de fonctionner comme un marché où s’y confronterait librement des offres et des demandes, de sorte qu’émergent des niveaux de salaire propre à satisfaire demandeurs d’emplois et offreurs (...) la grande absente du marché du travail est l’approche économique alors que l’échange de travail a pour but premier de satisfaire les envies et besoins des consommateurs et que pour ce faire les échanges volontaires sont sans doute ce qu’il y a de mieux. Car ils permettent d’orienter les ressources, les talents, le travail là où il est le plus nécessaire (...) L'auteur s’attaque au tabou en France de l’existence d’un chômage volontaire. Il explique qu’il est lié notamment à l’existence d’un arsenal d’indemnités et allocations associées au statut de chômeur ou de sans-emploi qui rend d’autant plus dur le retour à une activité rémunérée qu’il faut renoncer à ces avantages qui peuvent représenter plusieurs centaines d’euros. Le calcul peut amener des personnes parfaitement rationnelles à renoncer à prendre un emploi »

Francis Richard sur Contrepoints : « Le salaire minimum, Smic, qui s'applique uniformément en France, "sans distinction d'âge, de lieu, d'activité ou de profession", se situe "au-dessus du salaire qui s'établirait à la suite d'une libre confrontation de l'offre et de la demande de travail non qualifié", avec pour résultats mirifiques une augmentation de l'offre et une baisse de la demande, en conséquence un chômage massif et une proportion toujours plus grande de smicards (...) Face au manque de flexibilité du marché du travail (...) Les entreprises françaises, pour ne pas sombrer, n'ont d'autres possibilités que d'embaucher des immigrés, notamment en provenance d'Europe centrale, de délocaliser ou de substituer du capital au travail (...) L'interdiction du licenciement économique pour améliorer la rentabilité d'une entreprise, a pour but de bloquer la destruction d'emplois et se traduit en fait par le blocage de la croissance et de la création d'emplois (...)  »

A noter également, ce morceau d'anthologie : « À préférer le chômage à l'esclavage, beaucoup de nos concitoyens [...] amplifient la terreur d'être virés dans le camp de ceux qui ont encore un emploi  (...) »

Dites donc braves gens, tout ça ne vous rappelle pas, entre autre, la manifestation autour du « vrai travail » du 1er mai 2012 organisée par Nicolas Sarkozy et l'UMP ?

Qu'y disait-on ?

« (...) le rassemblement sur le Champ-de-Mars s'adresse à "ceux qui travaillent dur, ceux qui sont exposés, qui souffrent, et qui ne veulent plus que quand on ne travaille pas on puisse gagner plus que quand on travaille". "Le vrai travail, ça veut dire les gens qui prennent leur voiture le matin pour se rendre dans leurs entreprises, leurs usines, leurs exploitations, qui travaillent toute la journée, rentrent le soir et ont encore mille choses à faire pour leur famille, pour eux-mêmes, pour gérer leur foyer. C'est la différence avec ceux qui vivent des revenus de l'assistance" à qui "nous voulons demander des contreparties (...) »

Ou le très célèbre : « L'amour est précaire. Le travail doit l'être aussi » sans oublier le non moins célèbre : « Si on libère le licenciement, on libèrera l'embauche » de Laurence Parisot

Alors, prêts pour le bing bang libéral ou prêts à vous battre pour conserver ce qui reste de vos droits ? C'est vous qui voyez ! 


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12 mars 2013

Marges, chômage, protection sociale : le nouveau mix de Laurence Parisot !

En pleine campagne pour un possible troisième mandat, Laurence Parisot continue de débiter des contre vérités à la chaîne. Mais les ennemis sont toujours les mêmes : Le code du travail et l'Etat !  


En termes d'échec d'entreprises, la crise financière et économique peut avoir bon dos. En effet, il ne faut pas oublier que beaucoup d'entreprises défaillantes ont été victimes d'inadéquation entre leurs produits et les demandes des clients et parfois aussi d'une gamme dépassée.

C'est d'autant plus grave, lorsque l'entreprise fabrique ses propres produits. Combien, de fois, au cours de ma carrière, ai je croisé des entreprises aux locaux et moyens de production vétustes. Et combien de fois ai je entendu le chef d'entreprise m'expliquer qu'investir pour faire évoluer l'outil de travail pouvait attendre, puisque : « ça diminuerait la marge »

Puis, sont arrivés les nouveaux pays de l'Union Européenne et « l'eldorado chinois » qui ont mis à mal tous ceux qui pensaient qu'investir  « ça diminuerait la marge » Coût de l'opération, les salariés qui n'ont aucun droit de regard ou de conseil sur la stratégie des entreprises ont commencé à être licenciés, avec le point culminant que nous connaissons ces dernières années.

On aurait pu penser que les organisations patronales auraient pu s'imposer un droit d'inventaire avant de montrer du doigt l'état et les salariés. Or, à écouter Laurence Parisot, les entreprises n'ont rien à se reprocher.

Démonstration

Le 11 mars, chez Yves Calvi  sur France 2 : « Nous n’arrivons plus à créer de richesses en France. Nos entreprises ont des taux de marges structurellement bas et c’est cela qui est à l’origine d’un taux de chômage anormalement élevé, d’une augmentation beaucoup trop faible du pouvoir d’achat et du coup d’une incapacité à financer nos systèmes sociaux »

et d'ajouter : « La fiscalité en France pénalise l’investissement et empêche la prise de risque entrepreneuriale, or il n’y aura pas de réduction du chômage s’il n’y a pas toute liberté à l’entrepreneur »

Belle équation qui ... ne tient absolument pas la route ! Car, si les clients continuent de bouder les produits français, la marge des entreprises n'augmentera que très provisoirement, donc elle n'embaucheront pas, donc le pouvoir d'achat ne progressera pas et à terme, il faudra encore diminuer les effectifs ...

Par contre, en ce qui concerne les systèmes sociaux, chacun sait que le Medef dispose d'entreprises membres, dont les hôpitaux et cliniques privées ou les banquiers et assureurs accepteraient volontiers d'en prendre la charge ainsi que ... le fabuleux pactole qui va avec !

Où est le lien avec la baisse du chômage ? nul ne le sait ! Mais, sur ce damné chômage, notre amie Laurence a d'autres idées

Le 10 mars, sur France 3, Laurence Parisot après avoir exigé des parlementaire de transposer sans modification l'accord ANI de flexibilité, a estimé que : « (...) Les chefs d’entreprise n’ont qu’une envie, voir leur entreprise se développer (…) et pour grandir il faut embaucher (...) Simplement, nous avons une législation sociale qui crée une peur de l’embauche qui est terrible (...) »

Il faudra m'expliquer pourquoi des entreprises qui sont exangues au niveau du carnet de commandes embaucheraient qui que ce soit, même en pouvant licencier plus facilement.

C'est d'ailleurs ce que pense Geoffroy Roux de Bézieux ( candidat contre Parisot à la tête du Medef ) puisqu'il  déclare au sujet de l'ANI  : « (...) Maintenant, il ne faut pas se dire que cet accord va tuer directement la peur de l’embauche (...) »

Donc, une fois de plus, aucun lien avec la baisse du chômage !

Quant à l'état, il lui est reproché sa dépense publique : « la dépense publique en France étouffe la création de richesses et empêche la création d’emplois. Si nous ne réduisons pas la dépense publique, nous n’inverserons pas la courbe du chômage. »

Comme on dit trivialement : tu dis ça à un cheval de bois et il te met une ruade ! Il faudra que Laurence Parisot nous explique ça un jour, graphique à l'appui.

Mais comme d'habitude, il faudra se contenter d'affirmations jamais prouvées. L'essentiel étant que ces déclarations, qui ne sont qu'une compilation de ce qu'on peut trouver sur les sites des think tank libéraux comme l'IFRAP, la Fondation Concorde, Fondapol, ou le célébrissime Institut Turgot  soient reprises par la presse, friande de déclarations tonitruantes qui se chargera de reproduire, à la virgule près, la belle légende de la restauration des marges et de la baisse de la dépense publique qui inverseront la courbe du chômage !  
 

11 mars 2013

UMP : La parité en politique, c'est simple comme ... un trou dans les caisses ?

Jean-François Copé vient de lancer un vibrant appel aux militantes et élues de l'UMP pour que le parti ait davantage de candidates aux prochaines municipales. Les caisses vides du parti ne lui permettraient plus de payer les amendes ?



L'UMP vivrait-elle sa révolution en ce qui concerne la parité hommes femmes en politique ? C'est la question que certains pourraient se poser en prenant connaissance des dernières déclarations de Jean-François Copé sur le sujet.

Selon Libération le Président de l'UMP aurait écrit : « aux militantes, cadres et élues de l’UMP pour les appeler « à la mobilisation », afin que le parti puisse présenter davantage de femmes lors des prochaines élections »

Que dit-il dans ce courrier ?

« Depuis de nombreuses années, je suis investi dans la lutte pour l’égalité entre les sexes à travers plusieurs lois que j’ai initiées ou portées avec les députés UMP (...) la loi pour la parité dans les conseils d’administration des entreprises cotées, la loi contre le port de burqa, la loi contre les violences faites aux femmes, les mesures de sanction contre les entreprises qui ne respectent pas l’égalité salariale » Il assure également que son « combat en faveur des femmes est guidé à la fois par une volonté de justice sociale et par une volonté de sortir des stéréotypes (...) Individuellement et collectivement, nous devons nous saisir de la question de l’égalité entre les hommes et les femmes et la faire vivre dans les circonscriptions, dans les villes, dans les territoires ruraux. Nous devons aboutir au partage de toutes les responsabilités. Le chemin n’est plus législatif, il est culturel et il ne tient qu’à nous de l’emprunter jusqu’au bout »

Etonnant non ? d'autant plus que le parti qui s'est : « investi dans la lutte pour l’égalité entre les sexes » s'est jusqu'à présent illustré comme étant celui qui résiste le plus à la parité hommes femmes en politique !

Pour mémoire, L'Express publiait le 21 mai 2012 un article portant le titre suivant : « La parité est un luxe que l'UMP ne veut pas se payer »

Qu'y apprenait-on ?

« Cette année encore, l'UMP n'entend pas respecter la loi, qui impose aux partis politiques de présenter un nombre égal d'hommes et de femmes, avec un écart maximal de 2%. Avec 28% de femmes investies, ce parti est le mauvais élève de cette élection. Jean-François Copé, secrétaire général de l'UMP, a plaidé coupable avec regret (...) C'est un arbitrage que nous avons eu à rendre et qui était difficile dès lors que nous avions 317 députés sortants et qu'une bonne part d'entre eux se représentent (...) » Ajoutant sans le moindre complexe :  « (...) Chacun doit comprendre que dans la période qui est la nôtre, il nous faut absolument avoir le maximum de députés et que cela passe par le poids, l'ancrage local de beaucoup d'entre nous (...) »

Cette attitude dénoncée à l'intérieur du mouvement, notamment par Marie-Jo Zimmermann, la secrétaire nationale en charge des droits des femmes à l'UMP a d'ailleurs un prix. Celui des amendes que la formation politique réglait jusqu'à présent « avec regret »

Rien qu'en 2007, elle a représenté 4 millions d'€. Seulement, depuis les dernières élections de 2012, les finances de l'UMP sont dans le rouge. A tel point que l'UMP Paris a décidé de ne pas organiser de meeting pour les primaires, au fait que : « c'est trop coûteux ».

Il faut dire que le parti « des droits et des devoirs » cumule une dette de l’UMP de 55 millions d'€ qu"elle est censée rembourser en quatre ans. Sans parler des 11 millions d'euros que l'UMP pourrait être amenée à rembourser, suite à l'invalidation des comptes de campagne du candidat Sarkozy ....

Ce qui pourrait expliquer, en grande partie, le brusque élan de parité et de féminisme de Jean-François Copé. 

Militantes de l'UMP ayant vocation à être candidates aux prochaines municipales, vous connaissez maintenant la signification de : « (...) nous devons nous saisir de la question de l’égalité entre les hommes et les femmes et la faire vivre dans les circonscriptions, dans les villes, dans les territoires ruraux ... »

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