SLOVAR les Nouvelles - Expressions Libres

30 janvier 2012

L'Elysée et l'UMP filiales des organisations patronales ?

Si les organisations patronales se réjouissent des annonces de Nicolas Sarkozy sur les futurs accords compétitivité-emploi, elles ne pavoisent pas encore, puisqu'un échec du Président et de sa majorité ruinerait leurs espoirs et ceux de leurs actionnaires !

Comme nous vous l'expliquions hier les propos du Président et de son premier ministre sont une transposition de type copié/collé des demandes des organisations patronales, notamment de l'UIMM. Elles s'appuient sur un raisonnement très simple : Transformer la rémunération des salariés en variable d'ajustement de l'activité économique !

Afin d'y parvenir, il est nécessaire de priver ces salariés du droit de s'opposer à une modification unilatérale de leur contrat de travail ! Les organisations patronales n'ayant pas ce pouvoir, elles ont mandaté le Président, son gouvernement et sa majorité.

Ainsi, on a pu entendre Nicolas Sarkozy indiquer que François Fillon allait : « (...) écrire aux partenaires sociaux « pour leur demander de négocier dans les deux mois qui viennent » sur les accords dits « compétitivité-emploi »

Dans la mesure où la CGT et FO y sont totalement opposés et que la CFDT a annoncé qu'elle refusera : « (...) une mesure décidée unilatéralement et précipitamment (...) » Il est clair qu'aucun accord ne peut être trouvé rapidement, au grand dam des organisations patronales.

Alors direz-vous, projet mort et enterré ?

Certainement pas, puisque les organisations peuvent compter sur l'Elysée, le gouvernement et l'UMP pour les aider à obtenir satisfaction. En effet, Nicolas Sarkozy conscient de l'opposition des syndicats de salariés a annoncé lors de son intervention qu'en cas de : « blocage idéologique » des partenaires sociaux, un texte sera présenté au Parlement pour « gérer la période transitoire » avant qu'un accord ne se trouve.

Blocage idéologique qui ne pourrait vous vous en doutez bien provenir des organisations patronales puisqu'elles ont déjà annoncé la couleur sur leurs sites Web.

Medef : « (...) La perspective d'accords d'entreprise "compétitivité-emploi" permettra de faire face avec souplesse et dans le dialogue social à toutes les évolutions de conjonctures. Le Medef se tient prêt à ouvrir immédiatement une négociation avec les organisations syndicales sur le sujet afin de définir le cadre de tels accords (...) »

CGPME : « (...) la CGPME se tient prête à participer à la prochaine négociation interprofessionnelle sur la définition des accords cadres compétitivité-emploi. Elle fera valoir, à cette occasion, la nécessité de mettre en place les conditions de leur application pour qu'ils ne soient pas, dans la pratique, réservés aux seules grandes entreprises mais adaptés à la réalité des PME (...) » Communiqué

Sanction pour les salariés ?

De fait, expliquent Les Echos : « (...) les accords pourront moduler le temps de travail à la baisse, pour préserver l'emploi en réduisant la masse salariale, mais aussi à la hausse, en imposant de travailler plus de 35 heures sans revalorisation salariale (...) »

Les salariés qui seront content d'apprendre que contrairement à la cogestion à l'allemande, les organisations patronales françaises ne semblent pas vouloir s'engager comme leur homologues d'outre Rhin sur une : (...) garantie d'emploi qui peut courir jusqu'à quatre ou cinq ans (...) ni d'ailleurs sur un retour à de meilleurs salaires en cas de meilleure santé des entreprises !

Ce qui en résumé revient à faire payer la crise par ceux qui n'en sont pas responsables ! Et permettre aux actionnaires de voir leurs revenus maintenus

Le pire dans cette affaire, c'est qu'on oublie totalement de l'Elysée à L'UMP en passant par les organisations patronales de parler d'une implication directe pour les salariés : Que se passera t-il, lorsqu'un salarié dont le prêt immobilier ou à la consommation ont été été calculés sur la base ou en fonction de ses revenus, verra sa rémunération baisser de 20% ou plus ?

Eh bien, ils se débrouilleront avec leurs banques, quitte à hypothéquer ou mettre en vente leurs biens. L'essentiel n'est-il pas de permettre aux entreprises de continuer à bien rémunérer leurs actionnaires ?


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Le Figaro

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29 janvier 2012

Travailler plus et gagner moins : Le nouveau slogan de « Sarkozy 2012 » ?

Ceux qui se lèvent tôt et avaient été séduits en 2007, par le travailler plus pour gagner plus, vont découvrir à leurs dépends qu'il vont bien travailler plus ... mais gagner moins. Du moins au cas où ils feraient confiance au président ... pas encore candidat !

Comme aurait dit Coluche, c'est l'histoire d'un mec qui après avoir expliqué aux salariés que les 35H00 les ont appauvris, va leur expliquer qu'ils pourraient travailler 37 ou 39 H00 payées 35 !

Traduction de Xavier Bertrand : sortir de l'esprit des 35 heures, sans faire payer à nouveau la facture aux ouvriers et aux salariés !

Traduction de l'Express : Il pourrait s'agir, dans les entreprises en difficulté, de mettre en place des mécanismes de baisse des salaires pour éviter les licenciements. Le temps de travail pourrait également dépasser les 35 heures hebdomadaires sans augmenter le salaire

Mais d'où vient cette idée saugrenue ?

Eh bien tout simplement de l'UIMM, premier contributeur au budget du Medef !

L'UIMM qui a ni plus ni moins rédigé pour le gouvernement ses préconisations dans : Le «Manifeste pour l'industrie» dont Slovar vous parlait en mai 2011.

A l'époque dans un document préparatoire, on pouvait lire : « (...) donner plus de marges de négociation aux partenaires sociaux dans l'entreprise, en permettant via un accord collectif d'«ajuster temporairement la durée du travail et les rémunérations des salariés, à la hausse comme à la baisse, en fonction de la conjoncture». Bref, pouvoir augmenter salaires et temps de travail quand l'entreprise fait face à une hausse temporaire de ses commandes… et les baisser en période de vaches maigres (...) »

A comparer avec les accords compétitivité-emploi dont devrait nous entretenir le Président ce soir et dont François Fillon faisait il y a peu la publicité aux députés UMP. Xavier Bertrand de son côté lançait publiquement : « (...) quand ça ne va pas bien [pour l'entreprise], on peut adapter le temps de travail, s'il y a une garantie pour l'emploi, et travailler par exemple 30 heures seulement, pas forcément payées 30 heures (...) »

Ce qui est expliqué par Jean-François Copé de la façon suivante : « La mondialisation oblige la France à plus de compétitivité, à plus d’innovation, à plus de solidarité, à plus de discipline budgétaire, à plus de réactivité internationale, et tout cela exige du courage, de la clairvoyance et de la fierté nationale (...) »

Nul doute que les salariés apprécieront le « courage » de ... dupliquer les demandes des organisations patronales ! Et d'apprendre par la même occasion que « président courageux qui protège » a d'ores et déjà choisit ceux qu'il souhaitait protéger en cas de deuxième mandat !


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Le Post

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27 janvier 2012

Lejaby : Symbole du naufrage industriel du gouvernement !

Laurent Wauquiez est mobilisé sur le sort de l'usine Lejaby abandonnée par le repreneur de la marque. Normal, l'affaire se passe dans sa propre circonscription ! Sauf que jusqu'à présent, déclarent les ouvrières : « Wauquiez ? On ne l'a jamais vu ici » !


Bien qu'on puisse lire tous les jours l'annonce plans sociaux en France, l'affaire Lejaby est devenue le symbole de l'échec du gouvernement face à la désindustrialisation. En effet, elle cumule les problèmes du fabriqué en France avec celui de l'âge de salariés qui sauf coup de chance devront survivre en attendant d'obtenir le départ à la retraite !

L'histoire de Lejaby, contée par Le Nouvel Obs est édifiante

« (...) Le fabricant de lingerie Lejaby, tout juste repris par un consortium associant son sous-traitant tunisien, a commencé à délocaliser sa production dès 1992 (...) les délocalisations dans la lingerie avaient démarré dès les années 1970 (...) Il emploie 15 personnes au départ en Tunisie, la montée en charge est rapide (...) Lejaby, qui compte près de 1.200 salariés sur huit sites en Rhône-Alpes et Auvergne, est cédée en 1996 à l'Américain Warnaco. Quatre usines ferment en 2003, avec 250 suppressions d'emplois à la clé. La part de la production réalisée en France descend à 40%. Le groupe autrichien Palmers rachète la société en 2008 et ferme trois usines Lejaby en France en 2010 pour fabriquer dans les pays à bas coûts. Au total, 197 salariés sont alors licenciés. Depuis, 93% de la production était fabriquée à l'étranger, dont 83% au Maghreb et 10% en Asie (...) Restait en France l'usine d'assemblage d'Yssingeaux et ses 93 salariés (...) » jusqu'à l'annonce par le dernier repreneur de la fermeture définitive du dernier atelier français !

Cette fermeture est tombée au plus mauvais moment, pour le Président pas encore candidat, qui « aime les usines » et le gouvernement qui nous avaient boursouflé le cortex avec le retour de la production en France. Ajoutons à celà que l'usine Lejaby est située dans la circonscription de Laurent Wauquiez le défenseur « autoproclamé » des classes moyennes !

Or, si Wauquiez est député de la circonscription depuis 2004, et a donc pu suivre une grande partie des déboires successifs de la marque, les ouvrières de l'usine d' d'Yssingeaux sont formelles, jusqu'à l'annonce officielle de la fermeture : « Wauquiez ? On ne l'a jamais vu ici » C'est d'autant plus remarquable que notre homme a été secrétaire d'Etat à l'Emploi, mais a préféré fustiger les assistés du RSA. Que voulez-vous, on a les priorités qu'on peut !

Mais, présidentielle et législatives obligent, notre député maire ministre a trouvé en très peu de jours : « (...) des contacts avec neuf repreneurs industriels et des contacts très sérieux avec trois (...) »

Que valent ces gesticulations face quatre-vingt-dix femmes et trois hommes qui expriment amertume et colère ? Salariés, à qui on a demandé de réaliser les plus beaux produits, tout en respectant des rendements hallucinants, leur permettant en cas de dépassement, de toucher des primes de ... 2 à 3 euros par semaine. Comme le raconte une ouvrière de la marque au Nouvel Obs

A vrai dire rien, si ce n'est permettre au ministre de plaider pour : la production française et brandir : un protectionnisme européen. Oubliant au passage de préciser que Jean-François Copé le secrétaire général de l'UMP l'a publiquement désavoué indiquant qu'il s'agissait : d'une idée obsolète !

Même si le réveil de Laurent Wauquiez est tardif et opportuniste, il est clair que nous espérons que les salariés obtiendront une solution pour conserver leur emploi et leur dignité. Espérant au passage que ceux-ci ne seront pas soumis ... dans la foulée, à un accord « chantage » compétitivité-emploi, que devrait probablement vanter dimanche, le Président de la République, et qui consiste à travailler plus ... pour le même prix !

Eh oui, ça se passe comme ça chez : « le Président courageux qui protège » et « aime les usines »


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La Montagne

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26 janvier 2012

Ne vous en déplaise Monsieur Bertrand : Oui à la retraite à 60 ans !

Xavier Bertrand s'oppose de façon virulente à l'engagement de François Hollande de ramener l'âge légal de la retraite à 60 ans à taux plein. On pourrait lui rappeler que plus de 800.000 chômeurs seniors sont toujours en attente des promesses du gouvernement !

Il y a quelques heures lors de la présentation de son programme, François Hollande a déclaré : « Je ferai en sorte que tous ceux qui ont 60 ans et qui auront cotisé la totalité de leurs annuités retrouvent le droit de partir à la retraite à taux plein à cet âge-là : ce principe sera mis en œuvre immédiatement (...) »

Démagogie, faute de gestion, ruine du système hurleront dans les heures qui viennent ministres et parlementaires de l'UMP, qui se feront plus discrets sur ... les derniers chiffres du chômage et tout particulièrement ceux qui concernent ... les seniors privés d'emploi !

Seniors qui sont aujourd'hui plus de 835.000 sans emploi et à qui le gouvernement et l'UMP ont supprimé

La dispense de recherche d'emploi,
L'Allocation équivalent retraite (remplacée par la restrictive Allocation transitoire de solidarité)
Et qui restent en tête des ruptures conventionnelles !

Le tout étant parfaitement résumé par Gaby Bonnand, le président de l'Unedic : « Le nombre de chômeurs de plus de 50 ans est en effet en forte hausse (+16 % sur un an). Les entreprises licencient ou parviennent à se séparer par d'autres moyens des salariés les plus âgés qui n'ont pas toujours eu, dans leur carrière, les formations qui leur aurait permis de rebondir. Par ailleurs, les employeurs conservent de fortes réticences à embaucher des personnes de plus de 50 ans. D'un côté donc on licencie les seniors sans qualification; de l'autre, les entreprises ne recrutent plus après un certain âge (...) »

On est bien loin, aujourd'hui des propos enflammés de Laurent Wauquiez qui déclarait en 2010 : « (...) Notre mobilisation a déjà payé et nous sommes en train de récolter les fruits de nos efforts (...) Jamais le taux d'emploi des seniors n'avait autant progressé en France, surtout en temps de crise. L'accélération s'est produite au troisième trimestre 2009 au moment où nous enclenchions notre plan d'emploi des seniors (...) »

Tout comme ceux d'une Laurence Parisot qui clamait son enthousiasme devant l'idée de François Fillon de repousser l'âge légal de la retraite à 67 ans, ajoutait : « quand on aura 67 ans en 2030, on sera dans un état de santé, un état physique comparable à 62 ans aujourd’hui » et que c'était : « une excellente idée et une bonne réponse à la crise actuelle (...) » oubliant au passage les engagements pris en 2008 et en 2009 par le Medef

Alors, qu'est ce qui est préférable : Permettre à des salariés ayant leur nombre d'années de cotisations de partir à 60 ans ou les faire galérer inutilement jusqu'à 62 ?

Même si certains pourront reprocher le maintien par François Hollande de 41 années de cotisations, n'oublions pas que : « (...) depuis la réforme du gouvernement de novembre 2010, il faut, pour bénéficier d’une retraite à taux plein, avoir cotisé 41 ans pour pouvoir partir à 60 ans et 8 mois quand on est né en 1952 et 41,5 ans pour pouvoir partir à 62 ans quand on est né en 1955 et après (...) et que si on ne dispose pas de ces annuités il faut continuer à travailler jusqu’à un âge maximum de 67 ans, qui a été repoussé de deux ans par la réforme du gouvernement » - Ouest France

D'autant que le candidat socialiste ne ferme pas la porte à la prise en compte de la pénibilité qui a été purement et simplement massacrée par Eric Woerth.

Ce qui ne devrait pas empêcher l'UMP de promettre aux français le feu du ciel au cas où François Hollande serait élu Président de la République. Français beau joueurs qui laisseront toutefois encore 87 jours au Président, à Xavier Bertrand et aux parlementaires UMP pour leur prouver qu'on peut sans difficulté travailler plus longtemps !


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France Soir

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25 janvier 2012

Accords compétitivité-emploi : L'envers du décor du « chantage à l'emploi » !

La TVA sociale que le président essayera de nous vendre dimanche soir, n'est en fait qu'un écran de fumée destiné à masquer les accords-compétitivité-emploi qui vont modifier en profondeur le code du travail au seul profit des entreprises !


Comme vous avez du le remarquer, le dernier élément de langage du gouvernement et de l'UMP, pour faire oublier les chiffres cauchemardesques du chômage est : Restaurer notre compétitivité ! Problème pour les salariés, ils vont le payer lourdement !

Que les salariés ne s'y trompent pas ! La discrétion du gouvernement et l'UMP sur le fonctionnement des accords compétitivité-emploi, est volontaire. En effet, expliquer clairement à quelques semaines de la présidentielle et des législatives que : « (...) cette mesure doit permettre aux entreprises de négocier le temps de travail des salariés en fonction de l'activité du moment (...) En échange d'une garantie de maintien des emplois (...) »

Après négociation avec les représentants des salariés : « (...) trois décisions peuvent être prises : soit augmenter le temps de travail en gardant le même salaire, soit maintenir le temps de travail en baissant le salaire, soit baisser à la fois le temps de travail et le salaire (...) » est assez suicidaire électoralement !

En résumé, le président, le gouvernement et l'UMP vous proposent de : travailler plus ou moins sans toutefois jamais gagner plus !

Belle escroquerie direz-vous ? Et vous aurez raison ! D'autant qu'il existe une face cachée que détaillent 3 avocats en droit social interrogés par L'Express. Ils sont unanimes : Cette mesure suppose de modifier le code du travail en profondeur.

Nous vous conseillons vivement la lecture intégrale et édifiante de l'article de L'Express, dont vous donnons ci-dessous quelques extraits.

« (...) Aujourd'hui encore, l'article L.1222-7 du code du travail autorise la diminution du nombre d'heures dans le cadre d'un accord de réduction de la durée du travail sans que cela ne soit une modification du contrat de travail (...) La seule différence de taille (...) c'est qu'il n'y a pas de baisse de salaire (...) »

« (...) Aujourd'hui le socle contractuel est défini par la loi et la jurisprudence (rémunération, horaires de travail,...). Toute modification contractuelle suppose l'accord du salarié (...) L'idée serait donc de rendre sa force obligatoire aux conventions collectives et aux accords d'entreprise (...) Ils s'imposeraient ainsi aux contrats de travail (...) »

« (...) il faudra fixer avec précision les contreparties possibles : pour les salariés d'une part (maintien de l'emploi ? des contrats de travail ?) (...) Il faudra aussi s'interroger sur le système de surveillance mis en place car le vrai problème est là (...) il faudra des garde-fous, notamment pour savoir jusqu'où il sera possible de baisser les salaires (...) » Et surtout : « (...) à quel niveau pourront être signés ces accords : celui de la branche, de l'entreprise ? (...) »

Mais il y a encore plus grave à notre sens. Il s'agit de la possible requalification du motif de licenciement, en cas de refus d'un salarié de voir modifier son contrat de travail : « (...) Aujourd'hui lorsqu'un salarié refuse une telle modification de son contrat de travail, il s'agit d'un licenciement économique. Ce n'est pas le refus du salarié qui est la cause du licenciement mais le motif de la modification proposée. Il pourrait être décidé que dans ce cas il ne s'agit plus d'un motif économique mais un motif personnel (...) »

En résumé le président, le gouvernement et l'UMP vous proposent de : travailler plus ou moins sans toutefois jamais gagner plus, sans réelles garanties !

Ce qui signifie que l'aventure subie par les salariés de Continental à Clairoix (Oise), dont le site a été fermé en 2010, malgré un accord fin 2007, pourrait devenir une hypothèse courante si les accords compétitivité-emploi étaient généralisés. Car comme le dit avec amertume le secrétaire national de la CGT, Maurad Rabhi : « ces accords n'ont jamais empêché une usine de fermer »

Alors séduits par cette version de la compétitivité qui sachez le, n'est en réalité ... qu'une commande passée au gouvernement par l'UIMM, et le Medef ? En tous cas, c'est bien ce qui pourrait arriver aux salariés au cas ou « le président courageux qui protège » était réélu ! Maintenant, c'est vous qui voyez ...

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24 janvier 2012

« Notation sociale » des entreprises : Le pouvoir aux consomm'acteurs ?

Chez Novethic et Vigeo, on ne doit pas bouder son plaisir. En effet, François Hollande a décidé d'ajouter la notion de « notation sociale des entreprises » à ses propositions. Si les salariés et les consommateurs devraient apprécier, il ne devrait pas en être de même des organisations patronales !

Et si les consommateurs et les épargnants avaient la possibilité de connaître la situation sociale des entreprises avant d'acheter un produit ou un service ou investir leur argent ? C'est l'une des propositions de François Hollande : « (...) On note tout aujourd'hui, moi je propose une idée audacieuse : une notation sociale des entreprises (...) »

Qu'a t-il exactement proposé ?

On peut le lire sur son site officiel « (...) Ce dispositif obligerait toutes les entreprises à faire certifier annuellement la qualité de leur gestion des ressources humaines au regard de criteres officiels de qualité de l’emploi qui seront définis avec les partenaires sociaux. Les résultats de cette notation seront rendus publics afin que les salariés, mais aussi les consommateurs aient connaissance de la qualité sociale des entreprises (...) »

Les concepts de responsabilité sociale des entreprises et de l'investissement socialement responsable ne sont pas nouveaux, mais jusqu'à présent, ils étaient observés avec plus ou moins d'attention ou ... d'indifférence par les partis politiques.

La nouveauté dans la proposition de François Hollande, c'est de passer du volontariat actuel à l'obligation.

Si du côté des syndicats, François Chérèque a déclaré : « (...) J'avoue que c'est la première fois que j'entends un responsable politique évoquer la notation sociale (...) » les organisations d'employeurs n'ont pas encore réagit au fait que, des représentants des salariés, puissent un jour : « sièger dans les conseils d'administration et les comités de rémunération »

Mais il ne faut pas être un grand expert pour prévoir que les syndicats patronaux ne vont pas tarder à faire connaître leur opposition et leur hostilité à de telles propositions.

Hostilité qu'ils ont déja manifestée en février 2010, lorsque Xavier Darcos décidait de mettre en place un site web qui visait à « favoriser l’exemplarité des entreprises en matière sociale » Au lancement du site : Les pages publiées distribuaient des codes couleur comme des bons ou des mauvais points. Ils indiquaient le degré d’avancement des entreprises dans la mise en œuvre d’une politique de « prévention du stress professionnel »

Panique immédiate des entreprises qui se voyaient appliquer un « feu orange » ou un « feu rouge » A tel point que : « (...) Lorsque les premiers noms sortent en rouge le 18 février, une avalanche de coup de fil tombe au ministère du travail. Peu d’entreprises tiennent absolument à être classées en vert car elles craignent un retour de bâton de leurs partenaires s’ils jugent le dispositif insuffisant, mais elles veulent absolument éviter le rouge. La méthode choque car elle n’est pas habituelle et les entreprises appellent le MEDEF à la rescousse pour éviter d’être jetées en pâture qu’elles aient de bonne ou mauvaise fois initié des actions (...) » - Usine Nouvelle

Résultat, le 19 février, les listes orange et rouges des entreprises en matière de prévention du stress, disparaissaient du site Travailler Mieux ... tout comme le problème des salariés malades du stress !

On devrait savoir jeudi si François Hollande intègre la notation sociale dans son programme présidentiel et connaître le niveau d'opposition des organisations patronales et de l'UMP.

Néanmoins, en cas de victoire, il est évident que la mise en place d'un tel projet ne sera pas facile. Mais qu'ont à craindre les entreprises : « (...) qui font un effort pour former leurs salariés et limiter la souffrance au travail (...) » ? Si ce n'est de voir consommateurs et épargnants récompenser leurs efforts !


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Le Monde

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23 janvier 2012

Modèle social français : Choix de société ou entrave pour les bancassureurs ?

Le modèle social français est une entrave pour les banquiers et assureurs qui lorgnent sur un pactole pour l'instant inaccessible. Denis Kessler l'un de leurs meilleurs porte parole ne désespère pas de liquider cet héritage du Conseil National de la Résistance pour leur plus grand profit.

Il est probable que peu de gens auront lu ce matin l'interview de Denis Kessler, l'actuel PDG du réassureur SCOR dans laquelle il déclare : « notre modèle social n'est pas tenable ». Et pourtant elle est importante. En effet, dans cette interview, l'ex-numéro deux du Medef et ex patron de la Fédération française des sociétés d'assurances, explique qu'au nom de la compétitivité, il est nécessaire de : « réinventer un modèle social adapté à notre temps »

Les initiés diront que ces propos ne sont pas nouveaux dans la mesure où Denis Kessler s'est juré d'avoir la peau d'un système qu'il exècre, et qui est issu du Conseil National de la Résistance. Pour s'en convaincre, il suffit de relire la tribune publiée sur le magazine Challenge en 2007

Extraits : « Le modèle social français est le pur produit du Conseil national de la Résistance. Un compromis entre gaullistes et communistes. Il est grand temps de le réformer (...) La liste des réformes ? C’est simple, prenez tout ce qui a été mis en place entre 1944 et 1952, sans exception. Elle est là. Il s’agit aujourd’hui de sortir de 1945, et de défaire méthodiquement le programme du Conseil national de la Résistance ! (...) Ce compromis, forgé aune période très chaude et particulière de notre histoire contemporaine, se traduit par la création des caisses de Sécurité sociale, le statut de la fonction publique, l’importance du secteur public productif (...) le conventionnement du marché du travail, la représentativité syndicale, les régimes complémentaires de retraite (...) »

On pourra répondre à monsieur Kessler que la baisse des remboursements des frais de santé qui a profité aux mutuelles et compagnies d'assurances ont aboutit à ce que : « (...) plus d'1 Français sur 4 (27%) avoue avoir déjà reporté des dépenses de santé, faute de moyens financiers suffisants en 2011 (...) » Ce qui n'est malheureusement qu'un début, puisque, en novembre 2011, on apprenait que : « ( ... ) 32% des Français sont prêts à renoncer à leur mutuelle santé, si elle devient trop chère (...) Pour ceux qui résisteraient encore, ils reverraient les garanties à la baisse mais favoriseraient à 42% la couverture des frais d’hospitalisation, devant les frais de soins courants (...) » Et comme 2012 sera une année exceptionnelle en matière d'augmentations de tarifs !

Tout comme la brillante idée qui a consisté à « privatiser » une partie du travail de Pôle Emploi en ayant recours à des entreprises prestataires, pour s'apercevoir un peu plus tard, que le taux de retour à l'emploi était plus élevé dans le service public que chez un opérateur privé !

Mais ceci ne pose aucun problème à Denis Kessler pour qui la cible ultime est la retraite. Il est d'ailleurs clair dans son interview : « (...) l'absence de fonds de pension dans notre pays est une erreur historique... que l'on n'a toujours pas corrigée » point de vue qu'il partage avec Laurence Parisot qui proposait en mai 2010 de rendre obligatoire la capitalisation individuelle.

Pour en revenir à Denis Kessler, il expliquait dans Challenges, comment équilibrer durablement le système des retraites. A savoir faire assumer par le budget de l'état une retraite de base minimale dont les conditions d'accès seraient drastiques (durée de cotisation, âge légal de départ ) et maintenir une partie de répartition classique. Notons au passage que les deux premiers piliers seraient interdits de déficit. Pour le troisième pilier, la capitalisation ferait le reste, à répartir ... entre les assureurs et banquiers !

Si en période économique faste, cette démonstration peut éventuellement se défendre, en période de crise et de chômage très élevé, la mise en place d'un tel système ne bénéficierait qu'aux revenus les plus élevés qui pourraient ainsi librement choisir la date de leur départ à la retraite. Pour les autres ....

Autre problème : Quelle pérennité des fonds de pensions et quelles garanties de service d'une pension correcte sur des durées de versement pouvant excéder 25 ou 30 ans ?

A priori aucune, dans la mesure où l'état n'est pas censé garantir les fonds de pensions privés.

Des exemples ?

20Minutes nous expliquait en juin 2009 : « (...) L'Irlande, l'Australie, le Danemark, les États-Unis, les Pays-Bas et le Royaume-Uni, où les fonds de pensions ont un poids important, sont les plus affectés. Dans ces pays, cette perte de revenus met les salariés les plus âgés dans la plus mauvaise posture. Ils n’ont guère le temps de reconstituer leur épargne avant de devoir commencer à puiser dans leurs actifs pour financer leur retraite (...) »

En fin de compte, les seuls vrais bénéficiaires d'une rente seraient les assureurs et les banquiers qui disposeraient d'une épargne captive de longue durée leur permettant d'engranger des frais de gestion et des revenus issus du placement de l'argent des futurs retraités sans réel engagement vis à vis des épargnants retraite.

Mais Denis Kessler est formel : « (...) un modèle social financé à crédit n'est pas durable. Il faut réinventer un modèle social adapté à notre temps (...) Nous sortirons de l'ère du désendettement qui s'annonce d'autant plus rapidement que notre pays acceptera les réformes indispensables de son organisation collective pour renforcer sa compétitivité (...) »

Eh oui, capter une partie plus ou moins grande des quelques 100 milliards d’euros de la retraite par répartition est à ce prix ...


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L'Express

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20 janvier 2012

Le chômage sera l'arbitre de l'élection présidentielle !

Selon Henri Guaino, Nicolas Sarkozy « n'a jamais baissé les bras » contre le chômage. Néanmoins, en 2012, la France devrait compter, selon l'Unedic, plus 3 millions demandeurs d'emplois sans aucune activité.

Soit Henri Guaino est inconscient, soit il a beaucoup d'humour. En effet, comment déclarer : que le Président « n'a jamais baissé les bras » contre le chômage alors même que l'Unedic vient de publier ses projections pour 2012 : « La France devrait ainsi franchir le cap des 3 millions demandeurs d'emplois sans aucune activité (4,4 millions en incluant ceux qui ont une activité réduite) »

Et le même Guaino d'accuser la crise mondiale : « (...) il s'est passé quelque chose depuis 2007, la plus grande crise financière puis économique depuis la seconde guerre mondiale (...) »

On aura quand même soin de rappeler qu'en juillet 2007 : « La France comptait officiellement 2 415 000 chômeurs, soit 8,1 % de la population active (...) Sur ce total, 1,9 million était en catégorie 1 ( devenue depuis la réforme de 2008 la catégorie A ) et n'exerçait aucune activité (...) »

Ce qui n'a pas empêché Henri Guaino d'affirmer : « On n'a jamais tout essayé. C'est bien pour cela qu'il y a eu un sommet social, c'est bien pour cela qu'il y a encore des mesures à prendre et si cela ne marche pas, il faudra en prendre d'autres »

Dans l'immédiat, ce sont 430 millions d'euros de crédits que l'Etat a annoncé vouloir redéployer pour financer quelques mesures d'urgence, dont 150 millions d’euros consacrés à la formation des chômeurs « très éloignés de l'emploi »

A comparer avec le solde « recettes–dépenses » de l'Unedic qui selon ses propres prévisions atteindrait : -4,3 milliards d’euros en 2012 !

Unedic qui précise sur son site : « Pour 2012 la prévision d’équilibre financier se base sur le Consensus des économistes de janvier 2012 qui anticipe une croissance nulle en 2012. L’emploi affilié diminuerait de 123 300 postes, en lien avec la récession attendue au premier trimestre. En 2012, la hausse du nombre de chômeurs indemnisés par l’Assurance chômage serait supérieure à celle de 2011 (+140 500 chômeurs indemnisés). Cette situation du marché du travail accentuerait les dépenses et ralentiraient les recettes du régime d’Assurance chômage (...) »

Avouons qu'on est bien loin de la toute petite embellie d'avril 2011 où Xavier Bertrand annonçait s'être fixé une obligation de résultats en matière de lutte contre le chômage. Ajoutant à l'époque que : Nicolas Sarkozy sera avant tout jugé sur cet indicateur en 2012.

Alors, que compte faire notre président face à des résultats dont son gouvernement et lui même portent malgré tout la responsabilité ?

Et bien, dans un premier temps il a retrouvé les accents du candidat de 2007 pour fustiger : le système actuel « totalement défaillant » de formation des chômeurs. En outre : « Il souhaite une réforme systémique » et fixe un objectif : « (...) que chaque chômeur ait une formation » et « l'obligation, à l'issue, d'accepter l'offre d'emploi qui lui est proposée » Que n'avons nous élu cet homme ? On en rirait, si ce n'était pas si grave !

Celà va t-il remettre en cause, à court terme, tout ou partie de l'indemnisation des chômeurs ?

Normalement, la convention d'assurance-chômage en vigueur actuellement n'arrivant à son terme qu'à la fin de 2013, il n'est pas question de revoir ce calendrier. Ce qui est au moins une garantie de deux ans pour les chômeurs.

En ce qui concerne le financement, selon Gaby Bonnand, président de l'Unédic (CFDT) qui cèdera sa place en février à Geoffroy Roux de Bézieux, l'actuel vice-président (Medef) de l'Unedic : « (...) Ce n'est pas la première fois que l'Unédic va connaître un tel niveau d'endettement (...) » Mais ce qui est alarmant : « (...) c'est la situation de l'emploi et la prévision de croissance de 0% (...) »

Or, face à une telle situation, force est de constater que les mesures lancées par Nicolas Sarkozy à l'issue du sommet social sont totalement sous dimensionnées. Notamment la suppression, pendant 6 mois, des cotisations sociales pour l'embauche des jeunes de moins de 26 ans dans les très petites entreprises (TPE) qui aura surtout pour effet de bloquer l'embauche des toutes autres catégories d'âge.

Il est clair que cette fois-ci le « travailler plus et mieux » de l'UMP que devrait certainement reprendre le Président ( qui devrait être candidat ), ne suffira pas à calmer des français lassés de voir qu'on essaye une fois de plus de leur vendre un slogan au lieu de solutions !

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19 janvier 2012

Industrie française : Nous sommes tous ou serons tous un jour des « Lejaby » !

Etonnant symbole ! Au même moment où le Chef de l'Etat nous imposait son très communicant sommet social, on apprenait que les repreneurs de la marque française Lejaby, annonçaient la fermeture de la dernière usine française de production !

Le 13 décembre dernier, Nicolas Sarkozy s'exprimait sur la « réindustrialisation de la France » au travers de la visite de l'usine Rossignol de Sallanches. la marque de ski qui avait rapatrié une partie de sa production en France, venait d’obtenir le label « origine France garantie » distinguant les produits fabriqués sur le sol français.

Ce label un tantinet gadget « pensé » par Yves Jégo missionné par Nicolas Sarkozy devait être un début de réponse bien mièvre aux : plus de 500 000 emplois industriels perdus, sachant que la part de l’industrie dans le PIB français est passée de 24 à 14 %. La France constataient Patrick Artus, Marie-Paule Virard dans leur livre La France sans ses usines : « (...) a vécu dans l’idée qu’elle pouvait bâtir une économie sans usines, tournée vers les services. Mais il apparaît aujourd’hui que, lorsque les usines partent, les services finissent par suivre le mouvement (...) »

En ce qui concerne le textile, nous vous expliquions le 2 décembre 2011 comment Frédéric Lefebvre s'était démené pour obtenir le label d'état d' Entreprise du Patrimoine Vivant, ainsi que les aides afférentes, à la marque John Galliano. Sachant que « (...) Le label Entreprise du Patrimoine Vivant est une marque du Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie, mis en place pour distinguer des entreprises françaises aux savoir-faire artisanaux et industriels d’excellence (...) »

Il faut dire que la marque John Galliano est la propriété de LVMH appartenant à Bernard Arnault qui n'a jamais caché sa proximité avec Nicolas Sarkozy.

Attention dont n'auront visiblement bénéficié les ouvrières pourtant talentueuses de Lejaby victimes des choix stratégiques de leurs dirigeants, et qui ont appris hier, que le repreneur de leur marque : « (...) envisage de conserver 195 salariés sur les 450 que compte encore Lejaby et de fermer l'unité de production d'Yssingeaux (Haute-Loire), qui emploie près d'une centaine d'ouvrières, pour finir de délocaliser la fabrication dans le Maghreb (...) » Les salariés licenciées seront néanmoins ravies d’apprendre que celui-ci : « a indiqué vouloir lancer une nouvelle marque baptisée Lejaby-Luxe qui sera fabriquée en France, à Rillieux-la-Pape, par une quarantaine de personnes si le projet démarre bien (...) »

Ce qui signifie en clair que la TVA sociale chère à notre Président et à Laurence Parisot si elle avait été en place, n’aurait pas de toute façon pas pu sauver les emplois.

Xavier Bertrand le toujours ministre du travail a trouvé le moyen de se féliciter de ce que : « le tribunal de commerce de Lyon ait désigné un repreneur de l'entreprise (...) » tout en précisant que les salariées licenciées : « verront 98% de leur rémunération maintenus pendant un an (...) »

Ce à quoi il faut ajouter : « Un budget de 500.000 euros prévu pour l'accompagnement du plan social, afin d'aider les salariés à se reconvertir (...) » fourni par le repreneur.

Au de-là des propos qui frisent la provocation et l'offre dérisoire qui ne permettra en aucun cas aux salariées de retrouver rapidement un emploi équivalent leur permettant, comme elles disent elles-mêmes, de nourrir leurs gamins ou payer leurs maisons ! il faut noter l’absence de réaction de l’UMP.

Oui, mais ils ont un excuse ! En effet, après s’être félicités de la qualité du sommet social, l'UMP a une autre préoccupation. Ils sont en train de remettre en selle Jean-Louis Borloo qui avait été reçu par Nicolas Sarkozy pour préparer le sommet social du 18 et surtout contrer la poussée de François Bayrou !

Que voulez-vous, on a les priorités qu’on peut chez le « Président courageux qui protège » !


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Nouvel Obs

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18 janvier 2012

Sommet social : L'éternel retour du serpent de mer de la formation des chômeurs

Face à un chômage endémique, Nicolas Sarkozy propose de faire recevoir les chômeurs de longue durée en catégorie A, afin de leur proposer un emploi ou une formation. Retour d'un « serpent de mer » destiné avant tout à minorer les chiffres du chômage avant la présidentielle !

Que retiendra l'histoire du Sommet social du 18 janvier 2012 ? Probablement rien, si ce n'est une imposture, destinée à montrer l'activisme du Président ... pas encore candidat.

Imposture organisée semble-t-il avec le Medef, dont les demandes ont fait l'objet de toutes les attentions de l'Elysée. En effet, comme le prédisait hier l'Humanité : « Le Medef voulait une hausse de la TVA ? Il l’aura. Il voulait une flexibilisation du marché du travail, pouvoir plus facilement se séparer des salariés ? Il aura une négociation ouverte sur ce sujet-là. »

Car, s'il y a un vainqueur, c'est bien l'organisation patronale. Il n'y a qu'à lire les déclarations de Laurence Parisot pour s'en rendre compte. Elle : « (...) a qualifié cette réunion à l'Élysée de très riche, très diverse. Beaucoup de sujets (ont été) abordés avec une ligne directrice claire : la compétitivité de notre pays (...) » Donc une fois de plus gare à une annonce du Président à la fin du mois sur la légalisation du chantage à l'emploi réclamée à cor et à cri par le Medef !

Pour ce qui concerne le chômage, dont les chiffres de décembre devraient tomber sous peu, on constatera que le Président n'a pas vraiment innové.

Nicolas Sarkozy : « Ceux qui ne connaissent plus d'activité professionnelle depuis au moins deux ans, tous sans exception, se verront proposer soit une formation, soit un emploi, soit un processus de resocialisation » Dans le détail : « Tous les demandeurs d'emploi qui sont depuis deux ans en catégorie A (239 000 personnes) seront reçus à Pôle Emploi pour qu'on leur propose soit un emploi, soit une formation »

Que l'on pourra comparer avec ceux prononcés en ... février 2011 : «Tous les chômeurs de longue durée devront être reçus dans les trois mois pour recevoir soit une formation qualifiante, soit un emploi »

Seule différence, en février 2011, il s'agissait de convoquer : « (...) 680.000 personnes inscrites depuis plus d'un an au chômage en catégorie A (...) »

Ayant fait partie des convoqués d'avril 2011, je peux affirmer ici ( comme de nombreux demandeurs d'emploi ) qu'à ce jour, aucune offre d'emploi ou proposition de formation ou stage ne m'est parvenue.

Néanmoins, le gouvernement et le Président ( qui finira bien par être candidat ) parient qu'il sera moins difficile de caser 3 fois moins de personnes, dans des stages ou formations parking afin d'améliorer les chiffres du chômage de la catégorie A.

Oui, mais les chômeurs qui vont se voir proposer une formation, un emploi ou un processus de resocialisation et vont l'accepter (pourront-ils d'ailleurs refuser, même si ceux-ci sont totalement inadaptés ? ) vont passer de la catégorie A, sur laquelle le gouvernement communique aux catégories ... C et D

Catégorie D : demandeurs d’emploi non tenus de faire des actes positifs de recherche d’emploi (en raison d’un stage, d’une formation, d’une maladie…), sans emploi
Catégorie E : demandeurs d’emploi non tenus de faire des actes positifs de recherche d’emploi, en emploi (par exemple : bénéficiaires de contrats aidés)

Et comme par magie, Xavier Bertrand pourra présenter : « des chiffres encourageants obtenus par la détermination du gouvernement et du Président», pour les derniers mois avant le vote pour la présidentielle !

Et oui : ça se passe comme ça chez ... « Le Président courageux, qui protège », mais qui ne devrait, cette fois-ci, pas tromper beaucoup de français !

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17 janvier 2012

Sommet social : 73% des français mettent en doute son efficacité !

Si 73% des français interrogés considèrent que le sommet social du 18 n'apportera aucune solution au problème de l'emploi en France, il semblerait que l'état envisagerait de mettre encore plus de pression sur les chômeurs, histoire d'améliorer les chiffres ...

Près des 2/3 des français pensent que le sommet social décrété par Nicolas Sarkozy ne permettra pas de trouver des solutions efficaces pour améliorer la situation de l’emploi en France nous dit une étude CSA / L’HUMANITÉ réalisé du 10 au 12 janvier 2012.

Extraits

A la question : « Vous personnellement, pensez-vous que ce sommet permettra de trouver des solutions efficaces pour améliorer la situation de l’emploi en France ? »

Les résultats sont sans appel

Non pas du tout : 29%
Non pas vraiment : 44%
Total : 73%

Oui tout à fait : 4%
Oui plutôt : 18%
Total : 22%

A noter que si le oui l'emporte à une petite majorité de 50% chez les sympathisants de l'UMP, le non varie de 81 à 96% chez les sympathisants de Gauche, du Front de Gauche, du PS, d'EELV, du MODEM et du FN.

En ce qui concerne les salariés, chômeurs et retraités

« (...) Les actifs, et particulièrement les chômeurs, directement concernés par le sommet manifestent davantage leur scepticisme que la moyenne: seuls 18% d'entre eux pensent que le sommet social aboutira à des mesures efficaces. L’homogénéité de ce doute parmi les salariés est remarquable, et ce qu’ils soient employés par l’Etat ou une collectivité locale (16%), dans le privé (17%) ou encore dans une entreprise publique (20%). A contrario les inactifs y croient un peu plus (28%), et notamment les retraités (29%) »

Ce qui conforte la position de Bernard Thibault le secrétaire général de la CGT qui estimait lundi que le sommet social : « relevait d'un affichage politique pré-électoral (...) Je suis presque convaincu qu'il (Nicolas Sarkozy) a programmé une rencontre avec les organisations syndicales plus pour l'affichage, dans une séquence électorale, que dans une véritable volonté de tirer les enseignements de la situation (...) »

Par contre, du côté du Medef, la « love story » continue avec le Président, puisque Laurence Parisot, se réjouit des idées lancées par le chef de l'état. En effet, quel bonheur pour l'organisation patronale que d'envisager l'application de la TVA sociale, des « accords de chantage à l'emploi » ou de la suppression de l'horaire légal du travail !

Au delà des propositions ou idées déja dévoilées par le gouvernement, un sujet devrait pourtant peser lourd, durant la rencontre du 18 : Celui des plus de 4,5 millions de chômeurs à temps complet ou partiel. Car, si les mesures de chômage partiel ou de « chantage à l'emploi » ont pour but de limiter le nombre de nouveaux demandeurs d'emploi, rien n'indique que la situation de ceux qui sont déja inscrits à Pôle Emploi puisse s'améliorer à court ou moyen terme.

En effet, comme l'indique ce matin Le Parisien, Pôle Emploi, une des réalisations dont notre Président est le plus fier, est au bord de l'asphyxie. Parisien qui indique dans son édition papier que l'état, histoire d'améliorer les chiffres, pourrait essayer de reprendre en main la gestion de l'UNEDIC.

« Ce que Nicolas Sarkozy se gardera bien de dire demain mais qu'il n'écarte plus désormais, c'est la possibilité que l'état reprenne la main sur la gestion de l'UNEDIC (...) la tentation est d'autant plus forte que le gouvernement souhaite avoir les mains libres pour réformer en profondeur et mettre un peu plus la pression sur les demandeurs d'emploi. Notamment en durcissant les conditions d'indemnisation chômage. Une recette impopulaire que plusieurs pays, dont l'Allemagne on déjà mise en oeuvre (...) »

Information à prendre au sérieux dans la mesure où Xavier Bertrand déclarait en septembre 2011 : « (...) notre système d'indemnisation n'encourage pas forcément le retour à l'emploi (...) » et ne se cachait pas de vouloir réintroduire : « (...) une dégressivité des allocations chômage, incitative à la reprise d'emploi (...) »

Plus que jamais, comme nous l'écrivions hier : A vous d’être vigilants et de ne jamais oublier que le slogan de 2007 : « ensemble tout est possible » reste toujours à l’ordre du jour, pour notre plus grand malheur !


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20Minutes

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