SLOVAR les Nouvelles - Expressions Libres

07 février 2011

Chômage : MEDEF et gouvernement jouent à "passe à ton voisin" !

En janvier 2010, Nicolas Sarkozy annonçait : "Je sais que dans les semaines et les mois qui viennent, vous verrez reculer le chômage". En janvier 2011, François Fillon a déclaré : "Je suis convaincu qu’en 2011, on va faire reculer le chômage". Qui y croit encore ?

Les années passent mais le discours reste le même. En effet, en janvier 2010, le Président déclarait : " "Je sais que dans les semaines et les mois qui viennent, vous verrez reculer le chômage". Nul besoin de commenter les chiffres désastreux de 2010 pour s'en convaincre !

Il est à présent certain que la sécurité des français ne suffira pas à mobiliser les électeurs. En effet, cette fois-ci ce sont l'emploi et de chômage qui seront déterminants dans l'élection présidentielle.

C'est dans ce contexte que François Fillon à qui on posait la question : "est-ce que vous avez bien conscience qu’une partie de la présidentielle se jouera notamment sur vos résultats en terme d’emploi (...) ?" a répondu : "Je suis convaincu qu’en 2011, on va faire reculer le chômage grâce à une croissance forte et aux mesures que nous avons prises"- Premier Ministre Video et texte

Seulement, dans la mesure où l'état continue à diminuer les effectifs de la fonction publique, et cherche toutes les sources d'économies possibles. Il ne peut compter, que sur une reprise "inespéré"et massive des embauches, par les entreprises privées, pour créer de la croissance et ... faire "reculer le chômage" !

Ce à quoi le MEDEF, par la voix de sa présidente, répond : suppression de la durée légale du travail : (...) La présidente du Medef a estimé qu'il fallait passer d'une durée légale du travail à une durée conventionnelle et d'une référence à une durée hebdomadaire à une durée mensuelle, trimestrielle ou annuelle (...) " Ce qui est un parfait non sens, au moment où, plus de 4 millions de personnes aspirent à travailler ... au moins 35H00 !

Etonnant non ? D'autant que le blog "Les dessous du social" nous rappelle que le MEDEF avait inscrit l'emploi comme "grande cause patronale" en 2010 !

"La principale préoccupation que nous devrions tous avoir, ou plus précisément les principales préoccupations que nous devrions tous avoir, sont premièrement l'emploi, deuxièmement l'emploi, troisièmement l'emploi." C'est par cette phrase on ne peut plus volontariste que Laurence Parisot annonçait le 22 mars 2010 la création d'un comité Emploi au Medef (...) L'objectif est de réfléchir, travailler, imaginer et proposer toutes les solutions qui permettront de lutter contre le chômage, de réduire le plus possible les délais entre l'état malheureux de chômage et le retour à l'emploi et de créer toutes les passerelles possibles entre le monde du travail et le monde de ceux qui n'ont plus de travail, expliquait alors la présidente du Medef (...) Et la patronne des patrons, qui regrettait de ne pas avoir lancé plus tôt un tel comité, de promettre des retombées rapidement : en septembre 2010 (...) " et le blog d'ajouter " Et depuis, rien ! (...) "

Si ! Montrer du doigt le "responsable" de cette situation : " (...) nous manquons d'une politique économique suffisamment forte pour stimuler le développement de nos entreprises (...) " - L'Express

En clair : Passe à ton voisin ... le gouvernement ! Et comme le gouvernement n'envisage pas une seconde d'imposer des contraintes aux entreprises ... le jeu de la "patate chaude" continue !

Or, ils sont de plus en plus nombreux, ceux qui voient la durée de leur chômage s'allonger, et voient avec angoisse arriver la fin de leurs droits à indemnisation. Car s'il existe quelques aides, comme l'allocation d’aide au retour à l’emploi (ARE) pour les moins de 50 ans et l'allocation de solidarité spécifique (ASS) pour les 50 ans et plus, celles-ci sont liées à des conditions draconiennes, qui excluent, la très grande majorité des chômeurs en fin de droit.

Entre temps, que deviendront-ils ? Dans l'immédiat, ils se contenteront ... des incantations de François Fillon et des explications du MEDEF sur le coût comparé du travail avec l'Allemagne !

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04 février 2011

Censure publicitaire : Le retour du puritanisme sélectif ?

Interdire la diffusion d'une publicité dépend d'organismes d'état qui peuvent être saisis par des groupements ou des individus. La dernière en date concerne celle d'un parfum. Sauvegarde de la jeunesse ou puritanisme excessif ?

L'Advertising Standards Authority britannique, équivalent de notre Autorité de régulation professionnelle de la publicité, vient d'interdire un clip publicitaire pour un parfum d'Yves Saint Laurent, au fait que : " (...) A un moment de la publicité, l’actrice fait glisser son doigt sur son bras, ce que certaines personnes ont apparemment apparenté à une prise de drogue (..) " et pourtant, à première vue, pas de quoi casser quatre pattes à un canard !

Bien que professionnel du marketing, je déteste les publicitaires qui aiment flirter avec le mauvais goût ou la vulgarité. A vrai dire, je me sens plus proche du collectif RAP (Résistance à l'agression publicitaire) que de Jacques Séguéla, prototype même de ces professionnels qui sont persuadés d'avoir élevé la provocation et l'outrance au rang ... d'art .

Autre prototype : Oliviero Toscani, le photographe de l'agence Eldorado qui s'occupait de la publicité pour la marque Benetton.

Si celui-ci déclarait : " Je ne suis pas là pour vendre des pull-overs, mais pour promouvoir une image. La publicité Benetton attire l'attention du public sur des thèmes universels comme l'intégration raciale, la protection de l'environnement, le sida " Comment peux t-on prétendre "faire de l'art" avec des affiches représentant : " le sidéen David Kirby mourant devant sa famille à son chevet, un guérillero africain portant une Kalachnikov et un fémur, un bateau grouillant d'Albanais, des réfugiés africains, une voiture flambant détruite par la mafia, une famille pleurant la dépouille ensanglantée d'un mafieux, deux indiens pris dans une inondation de Calcutta"

Si chacun de nous est capable de faire l'impasse sur ces "chef d'oeuvre", il n'en est pas de même en ce qui concerne les enfants. Et même si nul ne trouve à redire en France, sur les heures de publicités agroalimentaires, diffusés pendant les émissions enfantines, il faut bien de temps en temps que l'autorité de régulation tape du poing sur la table pour mettre un frein à la "créativité" des agences.

En France, c'est l' Autorité de régulation professionnelle de la publicité ARPP (anciennement Bureau de vérification de la publicité) En ce moment elle s'occupe, entre autre, de traiter les plaintes concernant : "la campagne publicitaire « L’épopée de l’énergie » de la société AREVA". Elle intervient aussi, pour interdire la diffusion de publicités franchement déplacées comme le clip Sprite !

En Grande Bretagne, c'est l'Advertising Standards Authority ASA, qui s'en charge. Et qui à la requête de treize personnes s'étant plaintes, vient d'interdire la diffusion de la publicité télévisée pour un parfum d'Yves Saint Laurent, Belle d'Opium.

Pour quelles raisons ?

" (...) A un moment de la publicité, l’actrice fait glisser son doigt sur son bras, ce que certaines personnes ont apparemment apparenté à une prise de drogue. L’ASA a déclaré : " Nous avons estimé que les gestes de la femme simulaient la prise de drogue. Nous avons donc conclu qu'il était irresponsable et inacceptable de la diffuser (...) " - Adobuzz


C'est la deuxième fois que l'ASA promulgue cette interdiction, puisque quelques mois plus tôt elle avait : " pris la responsabilité de censurer un spot qui mettait en vedette Beyoncé Knowles" suite aux plaintes de quatorze personnes qui jugeaient le clip "choquant à l’extrême"

Commentaire de l'ASA : " Nous considérons que les mouvements de corps de Beyoncé, ainsi que ceux de la caméra qui s'attarde sur son corps, créent une provocation sexuelle qui est inappropriée au jeune public, même si la vidéo ne contient pas d'images sexuelles à proprement parler et que la chanteuse n'apparaît pas nue "



A vous de vous faire une idée.

Mais, à l'heure où les chaînes d'information en continu déversent, 24H00 sur 24, des images ultra violentes de populations, décimées par des inondations ou autres tremblements de terres. Et où, n'importe quel gamin prépubère peut passer sa journée à : " jouer sur sa console à la dernière version du jeu de guerre Call of duty : Black ops, dont le but est de tuer le maximum de terroristes avec une gamme très large de fusils, pistolets, mitrailleuses, bazookas, grenades, couteaux avec plein de sang qui gicle partout" - Voici

On est franchement en droit de s'interroger sur les choix des gens qui sont censés surveiller et réguler ce qui est dangereux en termes d'éthique et de morale pour les jeunes générations !

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03 février 2011

Chômeurs : Et avec les oreilles qu'est ce que vous savez faire ?

"Et avec les oreilles, qu'est ce que vous savez faire ?" C'est probablement, ce "gimmick" qui a décidé, après 7 mois de chômage, un ancien un directeur marketing à lancer un salon de l'emploi dont il sera ... le seul exposant.

4 millions de chômeurs et pourtant, les entreprises qui ont des postes à pourvoir s'abritent derrière des chasseurs de têtes, des batteries de tests et, pas mal d'a priori, pour retarder jusqu'au dernier moment les embauches. Vous vous vous rendez compte, si on se trompait !

Les objections : Trop cher, trop jeune, trop vieux, pas assez ou trop d'expérience, pas assez ou trop de diplôme et tout dernièrement : habitat situé dans une banlieue ou sur une ligne de transport en commun sujette à des retards ! Sans oublier bien entendu les non dits comme une origine, un prénom ...

Que faire face à cette situation ?

Quelques sites spécialisés ... en conseils, vous proposent de passer au : Personnal branding !

Personnal branding : Késako

" (...) Introduit en 1997, par Tom Peters, spécialiste du management, le personal-branding est une méthode qui propose d'utiliser des les techniques de communication et de marketing généralement utilisé pour asseoir la notoriété d'une marque, à une personne (...) "

En plus clair, nous dit le site comment ça marche : " (...) Vous vendre comme un produit, vous y avez pensé ? Eh bien vous n'êtes pas le premier ! C'est même l'arme anti-crise absolue pour des cadres laissés à la case Pôle Emploi. Les CV-vidéos, blogs décalés et autres panneaux 4 par 3 sur les axes passants sont les traces visibles de cette nouvelle tendance appelée le " Personal branding ". Pour trouver un emploi, gérer sa réputation ou créer de nouveaux leviers marketing, le personal branding est résolument à la mode (...) "

Alors, après le candidat "à vendre" sur Ebay et le candidat "homme sandwich", que faut-il inventer pour que des DRH ou des chefs d'entreprise, à qui on n'a jamais imposé de telles contraintes, veuillent bien étudier votre cas ?

Et bien la dernière idée en date est celle d'un ancien directeur marketing au chômage qui a décidé d'organiser : " son propre salon de recrutement le 8 février, porte de Versailles. Pendant toute la journée, le candidat disposera du hall 8 et de ses 5 000 m2, pour recevoir les DRH et chasseurs de têtes (...) a bâti une stratégie multicanal: affiches en 4x3, site Web, relations presse, blogs " indique évasivement, le site de RH Assessfirst qui propose un logiciel qui : " (...) vous permet d'évaluer le mode de fonctionnement et les potentialités de vos candidats et collaborateurs grâce à divers outils d'évaluation "

Notre candidat a décidé dans un premier temps de prendre, le pseudo de Super Candidat. Et vendredi, a prévu de : "(....) mettre en place deux énormes affiches de 90 mètres carrés avec sa photo le long du périphérique parisien (...) "

En espérant qu'il ne s'agit pas encore, d'une mystification organisée par une marque, ou une agence de communication. Je souhaite, que ce candidat trouve le plus vite possible un poste ... durable. Néanmoins, celui-ci place la barre très haut, et il va falloir faire preuve de beaucoup d'imagination, pour faire mieux.

Mais on peut imaginer des candidats proposant de travailler à plein temps gratuitement durant 6, 8 ou 12 mois, de faire 48 heures hebdomadaires payées 35 ou 30 ou mieux : 20, payer les notes de restaurant ou de carburant de la direction, d'organiser des cocktails de prestige à leur domicile pour les bons clients de l'entreprise .... L'apothéose serait probablement de détenir le record de la grève de la faim, relayée par des caméras et des journalistes économiques, ébahis de tant de : "créativité" et de "détermination" !

Et puis, n'oublions pas que les chômeurs "déterminés" mais ne disposant pas de moyens financiers nécessaires à une "campagne de buzz", pourraient être aussi un formidable vivier pour ... des émissions de télé réalité !

Après tout, en 2002, Sony Pictures proposait à l'ensemble des télévisions du monde un étrange concept : " (...) faire concourir les candidats à un travail (...) Après avoir passé une petite annonce dans une agence pour l'emploi, les concurrents passent des tests et suivent une formation. L'agence sélectionne ensuite les deux candidats qu'elle estime les plus qualifiés, puis ceux-ci se soumettent à l'ultime entretien d'embauche : l'approbation des téléspectateurs. Celui qui obtient le plus grand nombre de voix est engagé ; l'autre n'a plus qu'à plier bagage (...) qui était une adaptation de l'émission argentine : Recursos humanos (Ressources humaines).

Dans cette version, les téléspectateurs choisissaient le concurrent dont l'histoire était la plus émouvante (...) Le public préfère les candidats qui n'arrivent pas à faire vivre leur famille", a confié à CNN le producteur Herman Frato, "dont la femme est enceinte ou qui n'ont pas de quoi s'acheter des médicaments, par exemple." Récemment, le public a été si touché par deux chômeuses qu'il a voté pour qu'elles aient chacune un emploi (...) " - Courrier International

Alors, il ne reste plus qu'à attendre, le prochain coup d'éclat, ou passer de l'indignation ... à la révolte ?


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Le Media - Le jeu de la mort

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02 février 2011

Attention : Le débat sur la TVA peut cacher celui du contrat de travail !

Compétitivité entre l'Allemagne et la France oblige, l'UMP et le MEDEF font le forcing pour fiscaliser une partie des charges sociales. Cette proposition n'est que l'arbre qui cache la forêt "sociale" qu'ils rêvent de déboiser !

Ne nous y trompons pas, le récent débat sur l'augmentation de TVA destiné à faire baisser les charges sociales des entreprises n'est que la face immergée de l'iceberg.

En effet, répondant à des demandes incessantes du MEDEF, l'UMP dans un rapport qualifié de "big bang" par Hervé Novelli : " La flexibilité jouerait sur tous les plans" , on apprend que, le transfert des charges sociales vers l'impôt, pourrait bien s'accompagner, d'une totale remise en cause des droits des salariés ... sans aucune contrepartie !

Petit historique récent du débat sur la fiscalisation des charges sociales

16 juin 2007 - " La présidente du Mouvement des entreprises de France (Medef), Laurence Parisot, a approuvé, dans un entretien au Figaro économie paru jeudi 14 juin, les mesures fiscales annoncées par le gouvernement et a notamment défendu le projet de "TVA sociale". Selon Laurence Parisot, les représentants des entreprises sont "impatients de participer au groupe de travail" sur cette mesure envisagée par le gouvernement pour abaisser le coût du travail en transférant une partie des cotisations sociales des employeurs vers les consommateurs (...) "

Puis en 2009 : " Le Premier ministre vient d’ouvrir le chantier de la TVA sociale. Une hausse de 5 points de la TVA est évoquée dès 2009 en contrepartie d’une baisse des cotisations patronales. Les organisations patronales se déclarent favorables à une expérimentation sous réserve que la baisse des charges se répercute sur les prix (...) "

Le principal défenseur de cette mesure, Jean Arthuis, pariait même sur : " la création de 500.000 emplois nouveaux dans l’hypothèse d’une hausse de 5 points de la TVA (...) " Alors que les économistes français indiquaient : " (...) de 25.000 à 50.000 emplois tout au plus (...) "

Mais qu'à celà ne tienne, puisque l'inoxydable Laurence Parisot apportait un soutien inconditionnel à cette proposition afin de : " (...) rendre les entreprises françaises plus performantes (...) et glissait au passage : " (...) qu’une réforme du marché du travail en amont est nécessaire (...) " - NetPME

Le retour du contrat de travail unique à droits progressif ?

Et oui, la flexibilité, symbolisée par la "flexisécurité" du "modèle danois" (qui du reste, a du plomb dans l'aile) Seulement, cette fois-ci, sans les garanties qu'offrait la "flexisécurité" définie à l'orgine !

Car, entendons nous bien, lorsqu'Hervé Novelli propose de faire sauter la notion de "durée légale du travail" et prône une "réforme globale des contrats de travail". C'est bien au : contrat unique à droits progressifs (défendu par l'Institut Montaigne ) issu du projet de Pierre Cahuc et Francis Kramarz en 2004 ... / ... Le projet de contrat unique formulé par les libéraux se fonde sur plusieurs arguments : la flexibilité favoriserait l’emploi, les pays ayant libéralisé leur marché du travail connaîtraient des taux de chômage moins élevés, la réglementation française du licenciement serait inefficace et inégalitaire ... / ... " - Marianne2 qu'il se réfère !

En gros, à défaut de créer des emplois, "faire tourner" les effectifs de salariés et de chômeurs. Donc, pouvoir se séparer encore plus facilement et à moindre coût, d'un salarié et disposer de la même liberté lorsqu'on en embauche un autre ! Le tout bien entendu au nom de la compétitivité face à l'Allemagne !

Le seul problème dans ce raisonnement, c'est que la si TVA sociale appliquée en Allemagne a profité a ses entreprises, c'est parce que celles-ci ont une forte tradition industrielle exportatrice. Ce qui n'est pas le cas de la France, où c'est la consommation des ménages qui maintient le peu de croissance !

Que se passerait-il si on fragilisait un peu plus les salariés français à quelques mois de l'échéance de 2012 ?

C'est Xavier Bertrand, meilleur ennemi de Jean-François Copé qui l'a expliqué sur Europe1, il a : " (...) notamment dit "ne pas bien comprendre" les raisons pour lesquelles il relançait ce débat "un mois et demi avant les cantonales". Il a cité à cet égard l'évocation de la TVA sociale à la veille des législatives, qui avait coûté des sièges à la majorité "

Mais, une fois la campagne des présidentielles et législatives passées, en cas de victoire, il sera toujours temps de faire passer ce qui est pour l'instant un "obstacle" ... provisoire !

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Frap

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01 février 2011

Nouveau permis de conduire : Biométrie et restrictions pour tout le monde !

Une directive européenne oblige la France à mettre en place le permis de conduire biométrique en 2013. Résultat : Carte à puce et restrictions à la conduite au menu. Mauvais pour le moral des électeurs !

Le fichage des citoyens a t-il des limites ?

C'est la question qu'il faut se poser en lisant ce matin l'information publiée sur le Figaro, qui nous explique que les français, vont recevoir, à partir de 2013, un nouveau permis de conduire. Ce, en application de la directive européenne du 21 décembre 2006 : " (...) la France se prépare à diffuser 40 millions de permis de conduire électroniques. Ils prendront la forme de cartes à puce semblables à des cartes bancaires, avec photo du titulaire gravée dans la masse, mais aussi enregistrée dans la puce, tout comme sa signature électronique. Éventuellement, pourront figurer ses empreintes digitales (...) "

C'est quoi la biométrie ?

C'est Linternaute qui nous en donne la définition " Analyse mathématique des caractéristiques biologiques d'une personne, destinée à déterminer son identité de manière irréfutable (...) Les empreintes digitales, et la gamme d'indices généralement visés par la biométrie, notamment l'iris, la rétine, la main et les empreintes vocales, offrent une preuve irréfutable de l'identité d'une personne puisqu'elles constituent des caractéristiques biologiques uniques qui distinguent une personne d'une autre et ne peuvent être associées qu'à une seule personne (...) "

Un truc pour les voyous direz-vous ! Et bien non, puisque pour ceux qui l'ignorent encore, cette technique est appliquée depuis 2008 aux passeports. En effet, c'est en avril 2008 qu'est paru : " le décret définissant le projet de futur passeport : il contiendra une puce lisible à distance (RFID) dans laquelle seront enregistrées une photo et les empreintes digitales numérisées de deux doigts du titulaire (parmi huit prélevées), toutes ces données étant centralisées au sein d'une base appelée TES (...) " - Rue89

TES qui est une base de données : " qui contient des données biométriques telles que l'image numérisée du visage et celle des empreintes digitales, conservées pour une durée limitée à dix ans pour les mineurs ou quinze ans pour les majeurs " - Source Assemblée Nationale lire aussi : " Le passeport biométrique, un prétexte au fichage" sur les Inrocks du 7/11/10

Ce qui n'est pas du tout neutre comme nous l'explique la CIMADE

(...) Malgré leur apparente neutralité, ces données (...) peuvent être détournées en vue d’une surveillance abusive des comportements (...) des expertises convergentes réalisées par des sociétés de sécurité informatique et par le groupe Fidis (Futur de l’identité dans la société de l’information) pour le compte de l’Union Européenne ont montré que la confidentialité des données transmises à partir des puces électroniques intégrées au passeport biométrique était illusoire (...) "

C'est donc après cette expérience "concluante" que nous devrions être munis de permis de conduire biométriques. Que dit Le Figaro de ce permis ?

" (...) dès le mois de janvier 2013 (...) La Direction de la modernisation de l'action territoriale (...) doit en assurer le respect scrupuleux. Coût de développement estimé : 40 millions d'euros. Coût de fonctionnement du système d'édition des titres : 20 millions supplémentaires par an (...) " Ce permis intégrera : " (...) un fichier sécurisé où ces protecteurs de l'identité conservent précieusement les éléments attestant que celui qui présentera ses papiers est bien celui qu'il prétend être (...) "

Est ce une obligation européenne ?

Non, c'est une possibilité offerte aux états, comme l'indique le journal officiel de l'Union Européenne (page 2 article 17)

" L'introduction d'un microprocesseur optionnel dans le nouveau modèle de permis de conduire sous forme de carte plastifiée devrait permettre aux États membres d'améliorer encore le niveau de protection contre la fraude. Les États membres devraient avoir la possibilité d'inclure des données nationales dans le microprocesseur à condition que cela n'interfère pas avec les données généralement accessibles (...) "

Toutefois, pas de panique puisque : " (...) la France a jusqu'à 2033 pour en purger le stock (...) "

Jusque là, il est toutefois judicieux de se demander :

Dans quels fichiers seront stockés ces données ?
Pour quelle durée ?
Avec quels autres fichiers ils seront croisés ?
Qui y aura accès ? et surtout
Quelle sera la quantité de données nationales inscrite sur la puce ?

Mais le plus gros morceau de cette "réforme" reste : La notion de validité du permis qui est inconnue en France.

En effet, en lisant le Journal Officiel de l'Union Européenne (page 7), on apprend que : " (...) À partir du 19 janvier 2013, les permis délivrés par les États membres pour les catégories AM, A1, A2, A, B, B1 et BE ont une validité administrative de dix ans. Un État membre peut décider que les permis qu'il délivre pour ces catégories ont une validité administrative pouvant aller jusqu'à quinze ans (...) "

Cette particularité semble intéresser les pouvoirs publics, qui y verrait un habile moyen, pour sanctionner ceratins comportements ou même affections de longue durée : (...) Les millions de Français qui roulent aujourd'hui n'ont jamais été soumis à un contrôle médical approprié. Beaucoup ont des problèmes de vue mal corrigée, d'alcoolisme récurrent, de motricité, de surdité, d'appréciation des distances ou de temps de réaction, explique un expert médical dans une préfecture (...) " - Le Figaro

Et le texte de l'union européenne, notamment la partie réservée aux : " normes minimales concernant l'aptitude physique et mentale à la conduite d'un véhicule à moteur" devrait bien les y aider - Journal officiel de l'Union européenne (Page 30)

Seraient concernés :

Les diabétiques : " Le permis de conduire peut être délivré ou renouvelé à tout candidat ou conducteur atteint d'un diabète sucré, sous réserve d'un avis médical autorisé et d'un contrôle médical régulier approprié à chaque cas.

Les consommateurs de canabis ou utilisateurs de médicaments : Le permis de conduire ne doit être ni délivré ni renouvelé à tout candidat ou conducteur qui consomme régulièrement des substances psychotropes, quelle qu'en soit la forme, susceptibles de compromettre son aptitude à conduire sans danger, si la quantité absorbée est telle qu'elle exerce une influence néfaste sur la conduite. Il en est de même pour tout autre médicament ou association de médicaments qui exerce une influence sur l'aptitude à conduire.

Et enfin les transplantés : Le permis de conduire peut être délivré ou renouvelé à tout candidat ou conducteur ayant subi une transplantation d'organe ou un implant artificiel ayant une incidence sur l'aptitude à la conduite, sous réserve d'un avis médical autorisé et, si besoin est, d'un contrôle médical régulier.

Problème : L'application de cette directive sera forcément impopulaire et pourrait méconter beaucoup de conducteurs/électeurs. Et c'est exactement ce que le Président et sa majorité voudraient éviter. Mais, si l'on en croit Le Figaro : " (...) les mécanismes européens qui encadrent ce projet devraient obliger la France à fixer ses règles du jeu avant l'échéance présidentielle de 2012"

Comptons sur les services de communication de l'Elysée, de Matignon et des ministères concernés pour mettre le paquet, sur les "formidables avantages" que représentent le : " (...) lecteur de cartes (...) qui permettra de (...) consulter instantanément son nombre de points, avec un historique des pertes et des gains, et peut-être même les motifs des retraits (...) via Internet sur un niveau dédié du site du ministère de l'Intérieur (...) " Après tout, une fois réélus ...

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